KaotoxinFest II

Hey, quoi d’neuf ?

Quand on interroge la populace au sujet de notre bonne grosse (non pas bite, petit coquin) ville de Lille, on retrouve trois catégories de personnes :

  • les accros à la mode, avec les galeries Lafayette,
  • les bons vivants, avec la braderie et ses fameuses moules,
  • les très bons vivants, qui pensent aux moules également avec cependant une légère nuance.

Sauf qu’en grattant un peu nous, Lillois pur souche ou d’adoption, avons un fleuron bien plus noble avec le label indépendant Kaotoxin Records.

Kaotoxin c’est quoi ? C’est avant tout un passionné comme on les aime, c’est Nico qui mène sa barque depuis 2010 pour nos procurer notre dose de métal en arborant fièrement tout une écurie de poulains plus ou moins dopés aux hormones. Pour la deuxième année consécutive cette petite troupe, en collaboration avec Nao Noïse, a mis en scène un festival local avec pour but la promotion du label en lui-même mais aussi en tant qu’amateur de musique en proposant un panel varié de genres à nos chers Metalheads avec pas moins de neuf groupes, dont huit estampillés « K« .

Ayant eu l’opportunité de participer à cette seconde édition de l’intérieur, j’avoue que cette semaine a été clairement une source incroyable de rencontres et de gros moments complètement improbables en tous genres, avoir eu la possibilité de partager cette expérience haute en couleurs est assurément une des plus belles choses de cette année à mon sens.

« Qu’est-ce que je ferai si j’étais moins con ? »

Comme le dit la chanson, il est vrai qu’il a été difficile d’avoir à faire un choix pour les concerts du week-end. Entre le KaotoxinFest II, le Mass Destruction et le Nidrosian Black Mass nous ne savions malheureusement plus où donner de la tête, chacun affichant une programmation à baver d’envie.

(Notons, à bon entendeur, que quand on passe la moitié de l’année à attendre les concerts, ne pas tous les faire en même temps serait un peu plus productif.)

Pour ma part, je me suis tournée vers la famille si si t’as vu et la prog la plus diversifiée. Aussi s’en suit ma vision des choses.

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Mercredi/Vendredi – Tour Driver / Babysitter

Fin de semaine chargée.

Rencontre d’une grosse partie du line-up monstrueux de We All Die (Laughing). Entre blagues tendancieuses et fous rires déjantés, ces gens ont une curieuse vision de ce que signifie être dépressif, du grand art ! Premier mindfuck, première claque.

Samedi – D-Day.

L’attente fut longue, c’est enfin le Jour J. La petite troupe prend joyeusement la direction du champ de Mars pour un show à la Péniche, petite salle atypique et intimiste que j’apprécie particulièrement. Les lumières et le son sont plutôt bons, compte tenu du cadre, l’ambiance est chaleureuse (bordel, un sourire quand on commande un verre ça change le monde) et mention spéciale au canapé absolument ENORME très appréciable après avoir passé la journée à courir partout en talons. Alors oui, quelle manie de mettre des chaussures à talons pour un festival, avec la boue et le schiste dégueulasse du parking; sauf que : d’une part vous n’avez pas vu l’objet du délit, ces chaussures sont juste les chaussures les plus belles du monde, d’autre part avec ma taille de naine je me sentais BEAUCOUP moins ridicule à côté de François (W.A.D.L) et de ses trois mètres de haut.

Six groupes à l’affiche du jour, la diversité à l’état pur. En gros pour toi le néophyte, cette journée c’était un gros condensé de la scène métal, plus ou moins extrême, fallait y être les ptits loups.

Ça m’ennuie un peu d’ouvrir un report par un concert que je n’ai pas aimé, néanmoins les plus démunis du bulbe n’auront ainsi pas à me faire remarquer que je me dois de lécher le cul de Nico. Soit, je me demande sous quelle(s) substance(s) a été découvert Project for Bastards. Bien que se tenant musicalement c’est avec le chant que j’ai un sérieux problème. Non j’ai beau être ouverte là ça ne passe pas et le set m’a vraiment dérangé. Cependant, les quelques pèlerins présents depuis le début des réjouissances leur ont fait bon accueil et semblent avoir apprécié la performance. Mettons ça sur le compte du fait qu’il ne soit pas toujours simple d’ouvrir pour une date et/ou que je sois simplement une connasse, au choix.

Passons ensuite aux choses plus sérieuses avec le message absolument magique prôné par Miserable Failure : Crevez tous ! Ah ça, il est certain qu’ils étaient attendus les marseillais ! Et pour un premier set live nous ne pouvons assurément pas dire qu’ils aient fait dans la dentelle. C’est gras, ça hurle, c’est carré, ça insulte tout le monde etc etc.. Forcément ce genre de son peut s’avérer être assez déroutant pris à froid, cependant j’avoue que ce set m’a pas mal plu, ouvrant vraiment les hostilités à mon sens avec un métal beaucoup beaucoup plus glacial que le groupe précédent.

Milieu d’après-midi, la mise en place de Savage Annihilation étant un peu longue à mon sens c’est le moment d’aller prendre l’air et de fumer ta clope en deux-deux avant de ne plus sentir tes orteils tant le froid est mordant. J’aime quand ça pique, là j’ai apprécié entendre les premières notes histoire de rentrer quatre à quatre pour savourer un death métal couillu et fort rondement mené. Le son est bon, je regrette malgré tout le peu de public étant resté à l’intérieur, la majeure partie des gens ayant profité de ce concert pour aller se dégourdir les jambes ou casser la croute grâce au deal prévu entre le label et El Camión. Un peu déçue pour le groupe, qui malgré sa jeunesse apparente affiche un très très bon niveau, chant compris. Espérons les revoir sur scène d’ici peu, la bonne découverte du week-end.

Trois des six formations ont déjà foulé la scène à cette heure. Bilan à chaud : le son est un peu moins bon que les fois précédentes, malgré tout le public présent reste enjoué et maintient sa bonne humeur. Les avis sur les prestations auxquelles nous avons assisté jusqu’à présent sont, dans l’ensemble, plutôt positifs et l’impatience face à la partie haute de l’affiche commence à se faire sentir.

C’est donc aux parisiens de The Negation de prendre place et là ça commence sérieusement à faire mal au cul. Curieusement ce sont eux qui ont eu le meilleur son de la soirée, non sans me déplaire. Ayant pris une branlée monumentale lors de l’écoute de Memento Mori il me tardait de voir par moi-même ce que ça donnait devant un public, revenu se masser dans le pit. Comme annoncé, le son était absolument brillant, les lumières bleutées collent parfaitement et renforcent davantage le côté ultra malsain de la musique purement black métal qui résonne désormais dans la salle. Le jeu de scène est le point qui m’a le plus laissé sur ma faim. Est-ce dû au peu d’espace disponible ? Il est difficile de juger étant la première fois que je me trouvais devant eux. Non pas que la mise en scène ait été à chier, loin de là, pourtant, face à un tel impact visuel, ceux qui connaissent (ou les petits malins qui ont vu les photos) comprendront, j’ai trouvé qu’être « statique » était un peu dommage. Malgré tout, moi qui attendais le black avec impatience j’avoue avoir été servie plus qu’à mon compte, la performance est impeccable et de fait très imposante, tu sors de là t’as l’impression qu’un 38T t’es passé dessus, pour faire dans l’expression imagée.

On remonte se geler le cul vite fait pendant que Faal, groupe de funeral doom hollandais, se prépare à enfoncer le clou. Certes, le doom qu’ils proposent est assez particulier pour celui qui n’a jamais entendu, cependant, depuis The Negation le pit ne se vide plus et les va-et-vient au bar ne se font plus que de façon très sporadique. Faal, affiche une large maîtrise de son set, pour les avoir vus à domicile lors de la release party de leur split avec Eye of Solitude en octobre, je suis de nouveau amplement conquise par cette voix et ces rythmiques lancinantes. C’est lourd, puissant et triste à crever, le genre de set où non content de te prendre une sacrée baffe dans la gueule tu ressors avec une introspection morbide sous le bras et/ou dans les tripes.

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A force de placer X parties du corps humain au cours de ce texte j’ai l’impression de faire une partie de docteur Maboul.


Bref,
voici enfin le moment pour We All Die (Laughing) de monter sur les planches. Un an que je l’attendais cette foutue date, avec à la fois une impatience palpable et une crainte non dissimulée quand on connait la teneur complexe de ce projet étiqueté, à tord ou à raison, dark métal dépressif. Grosse pression, semble-t-il, pour les sept loustics qui composent le groupe, premier et dernier concert avant un long long moment, (malheureusement) nombreux étaient les fans qui avaient justement fait le déplacement pour ne pas en manquer une miette (en passant, elle est vraiment débile cette expression). Les traits sont tendus, que ce soit sur scène ou dans le public, chacun piétinant durant le changement de plateau. Et pourtant, les lumières de la salle à peine éteintes l’alchimie opère de suite entre une formation naissante et son public. En dépit de quelques problèmes de son rencontrés uniquement durant leur set, la magie fonctionne, la moitié des gens présents chantent en même temps qu’Arno et Déhà, en leur coupant parfois l’herbe sous le pied, pendant que l’autre moitié reste suspendue à cette musique en attendant avidement la suite. Malgré ces soucis sur les voix, le groupe porte littéralement sa musique à un paroxysme hyper impressionnant en alliant un charisme assumé et un côté jazzy absolument génial. Voici une facette méconnue de la dépression qui prend tout son sens, ces hurlements qui résonnent avec une cruelle mélancolie.

Dimanche – Place au carnaval.

Grasse matinée bien méritée après s’être méchamment fait retourner le cerveau par W.A.D.L. 15h, on y retourne, direction cette fois l’Aéronef pour la dernière journée du festival. 16h, bisous/léchouilles aux zicos avant l’enfermement des fauves pour la mise en place et les balances, migration oblige vers mon autoproclamé headquarters : Costa Coffee et son latte au pain d’épices, première tuerie de la journée, surtout quand il fait genre -15 dehors.
17h, on remonte vers l’Aéro, gros câlins auprès des abrutis d’ABK dont l’état de zèle frise littéralement le gâchis. Après cette démonstration de grand art nous pouvons enfin pénétrer dans l’antre avec les quelques fans présents en attendant de pouvoir avoir accès au cœur de la salle.
19h, après quelques bières histoire de passer le temps, on nous débloque enfin l’accès au Club, configuration pré-sentie, une véritable aubaine pour les lumières, beaucoup plus belles à mon sens qu’en config traditionnelle.

Putrid Offal ouvre le bal. Les ayant malheureusement manqués au Fall of Summer cette année il me tardait de pouvoir me faire ma propre opinion du combo depuis sa reformation (ça et l’encensement de Nico – mais ça c’est autre chose.)  Visuellement ça envoie déjà pas mal : faux sang en corpse paint, blouses ensanglantées, pied de micro stylisé rappelant quelque(s) acte(s) de torture. Bon, ça promet définitivement d’aller dans la finesse, c’est passablement amusée que j’ai pris place avec les autres dans le pit.
Force est de constater que nous sommes faces à du lourd, Putrid Offal fait mouche bien que le public soit encore un peu timide. La précision sans appel est limite inquiétante, les fans, anciens (oui, j’aime pas dire vieux) ou plus jeunes, s’en donnent à cœur joie sur ce set retraçant si l’on peut dire la discographie du groupe. Qu’on aime ou pas, la technique est impressionnante et malgré un show de cinquante minutes le pit en redemande. Maintenant j’ai compris pourquoi.

Changement de plateau, changement de style avec Otargos. Attente mitigée pour ma part, après avoir complètement décroché suite à la sortie d’Apex Terror j’ai eu du mal à me remettre dans le bain. Le changement de line-up et la parution de Xeno Kaos sont sans nul doute  déterminants, curieuse de voir le résultat. Et quelle claque dans les dents ! J’adhère complètement à leur nouvelle vision du live, bien qu’elle ait mis du temps à prendre dans le public, un peu dommage vu le niveau, beaucoup plus tranchée à mon sens que précédemment. Rien n’est laissé au hasard, c’est noir au possible, j’ai pris ma baffe et j’ai largement aimé.

« Ça donne quoi en live Carnival ? »
« Un gros mélange de métal extrême et de disco. »

Ah, ok. Rien de plus normal donc que les membres de CinC (ex-Carnival in Coal) prennent place sur le devant de la scène avec Nuit Magique en fond sonore. Bien. Bonjour le changement d’ambiance par rapport à Otargos, CinC transpire la déconne à plein nez, c’est frais, certes ça change complètement du reste de la soirée, pourtant il est très très facile de rentrer dans le show d’Arno et compagnie. Dernière date de la tournée anniversaire des dix ans de Vivalavida le public répond bien aux injonctions du leader, ça chante, ça danse bras-dessus bras-dessous (oui à un concert métal) c’est bon enfant et bordel ça requinque. Pour l’occasion nous avons eu droit à l’ensemble de l’album, avec feat de Déhà sur la cover de Maniac (extraite de French cancan) en clôture de soirée. Partagée entre la grosse claque et l’impression d’avoir assisté à un show où humour, décadence, métal et rythmes disco font assurément plus que bon ménage, c’est avec le sourire d’une oreille à l’autre que se termine ce festival.

Vivement l’année prochaine !


Kaotoxin,
Nao Noise,
La Péniche,
El Camion, L’Aéronef,

Project for Bastards, 
Miserable Failure,
Savage Annihilation,
The Negation,
Faal,
We All Die (Laughing)

Putrid Offal,
Otargos,
CinC.

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