Eye of Solitude – Cenotaph – 10/10

6PAN1T-C PSD


-English version below (Thanks D. ♥)-

C’est lundi, la reprise, la merde, le moral dans les chaussettes après un weekend en festival. Alors quoi de mieux pour commencer la semaine qu’en abordant lascivement le prochain Eye of Solitude ? Quatrième album du combo, sobrement intitulé Cenotaph, dont la sortie est prévue pour ce 1er septembre, avec mise en ligne exclusive le 26 août via No Clean Singing.

A moins de vivre sur une autre planète il est impossible d’avoir fait l’impasse sur la formation anglaise, devenue de plus en plus imposante au sein de la scène Doom/Death européenne depuis 2013 suite et la sortie de Canto III, absolument monumental. Entre temps nous avons eu l’opportunité de pouvoir les suivre sur plusieurs dates, nous avons pu nous détendre avec un Ep –The Deceit en 2014- un split en collaboration avec FAAL en 2015 et la sortie d’un titre exclusif  « Lugubrious Valedictory » magnifique en dépit des circonstances tragiques dont il est issu.

En trois ans Eye of Solitude a eu tout le temps de parfaire son style, si vous pensiez déjà que Canto III était une bombe, EoS ayant acquis une maturité réellement incroyable depuis sa parution, Cenotaph vient parfaire davantage l’aura si particulière qui émane du groupe.

Première approche du côté de son artwork. Visuellement déjà nous repartons sur quelque chose de moins sobre que la pochette du split avec FAAL, les couleurs sont de retour, en dépit de l’ambiance glaciale qui se dégage du visuel.

6PAN1T-C PSD

Cenotaph contient donc 4 titres et se décompose comme suit :
Cenotaph,
A Somber Guest,
This Goodbye. The Goodbye,
Loss.

Ma première approche de ce nouvel opus a eu lieu lors du festival From Dusk Till Doom II, où nous avons eu la chance de pouvoir le vivre, car il est bien question de cela, en intégralité. Grace à ce concert nous avions déjà une petite idée de la façon dont les choses sérieuses allaient reprendre, et pourtant j’étais encore loin, bien loin du compte.

Il est difficile de retranscrire mot pour mot ce que je peux ressentir lorsque que j’écoute cet album, ceux qui me suivent savent que j’entretiens une relation étrange avec ce groupe tant je suis touchée par son travail. Prenez Canto III, en beaucoup beaucoup plus sombre, très lent avec rigueur et technique accrues, surplombé par un chant mis pour la première fois en avant : de mon point de vue Cenotaph cristallise le potentiel d’Eye of Solitude, à travers une forme d’art quasi viscérale.


6PAN1T-C PSD

It’s Monday, back at work, that kind of shit, mood swinging down after a weekend in a festival. So, what better to start the week than with lasciviously talking about the upcoming Eye of Solitude? Fourth studio album from the combo, plainly titled “Cenotaph”, which release date is planned for the 1st of September, with an online streaming on the 26th of August on No Clean Singing.

Unless you’re living on another planet, it’s impossible to miss this UK formation, which has become more and more imposing within the European Doom/Death scene since 2013 after the release of Canto III, absolute monument. In the meantime, we had the opportunity to follow then on several gigs; we could chill with an EP – The Deceit-  in 2014, a split with FAAL in 2015 and an exclusive song – Lugubrious Valedictory – magnificent despite the circumstances it comes from.

In three years, Eye of Solitude had the time to perfect its style. If you already thought that Canto III was a bomb – EoS having acquired a really incredible maturity since its release – Cenotaph comes to perfect even more the so particular aura which emanates from the band.

First approach from the artwork’s point of view. Visually, we’re going back to something less sober than the one from the split with FAAL: colors are back, despite the icy mood which comes out from this artwork.

6PAN1T-C PSD

Cenotaph contains 4 titles and is composed like this:
Cenotaph,
A Somber Guest,
This Goodbye. The Goodbye,
Loss.

My first approach of this new album happened during the festival From Dusk Till Doom II, where we had the chance to live it, because they actually played it, completely. Thanks to this concert, we already had a small idea about how the serious shit will come back to us. Little did I know.

It is difficult to transcript ‘mot à mot’ what I can feel when I listen to this album. Those who know and follow me know that I have a strange relationship with this band, as I am so touched by its work. Take Canto III, way darker, very slow with rigor and increased technics, overhung by singing which is, for once, put in front : From my point of view, Cenotaph, crystallizes the potential of Eye of Solitude, through a form of art quasi visceral.

Follow them on :
Official website
Facebook
Bandcamp via Kaotoxin
Bigcartel
Youtube

S.

Publicités

Top albums 2015.

Bien le bonjour ami, collègue ou illustre inconnu. 
Ce soir on rentre dans les charts de l’année écoulée avec un top album – démo – EP et autres bizarreries. Fieffée canaille je ne mets volontairement pas d’ordre particulier, chacun m’ayant touché d’une manière différente.

6:33 – Deadly Scenes
16695

Draconian – Sovran
600x600-000000-100-1-1

Otargos – Xeno Kaos
OtargosXenoKaos

Amorphis – Under The Red Cloud
chk_jschl

Shape Of Despair – Monotony Fields
3614592332288_600

Paradise Lost – The Plague Within
paradise-lost-the-plague-within-artork-600x600

Mgla – Exercises In Futility
R-7396815-1440609920-8513.jpeg

Secrets Of The Moon – Sun
0884388405929_600

Dragged Into Sunlight / Gnaw Their Tongues – N.V.
DraggedIntoSunlight-GnawTheirTongues-NV

Abigail Williams – The Accuser
AbigailWilliams-TheAccuser

Aosoth – IV
R-7856616-1450272824-8947.jpeg

Tribulation – Waiting For The Death Blow
R-7611367-1445113216-9051.jpeg

Cult Of Occult – Five Degrees Of Insanity
Cult Of Occult - Five Degrees Of Insanity

Ævangelist – Enthrall To The Void Of Bliss
spin073_Aevangelist_1200x1200RBG_grande

Temple Of Baal – Mysterium
Temple-of-Baal-Mysterium

VI – De Praestgiis Angelorum
vi_-_de_praestigiis_angelorum-600x600

Regarde Les Hommes Tomber – Exile
RegardeLesHommesTomberExile

Moonreich – Pillars Of Detest
R-7489513-1442526537-7963.jpeg

Eye Of Solitude / Faal – Split
eye-of-solitude-faal-split-ep

Skepticism – Ordeal
6430050664121

Lustre – Summoning The Lost Energy
1200x1200bb-85

Envy – Atheist’s Cornea
fa399c8a.j31

Satyricon – Live At The Opera
satyricon_live_at_the_opera

Drudkh – A Furrow Cut Short
cover.600x600-75

Shining – IX – Everyone, Everything, Everywhere, Ends
489156

Forgotten Tomb – Hurt Yourself And The Ones You Love
FORGOTTEN TOMB - Hurt Yourself And The Ones You Love

Merda Mundi – VI – Khaos
R-5895794-1405676692-5822.jpeg

Deadspace – The Promise Of Oblivion
R-7597547-1444829795-8440.jpeg

Katatonia – Sanctitude
R-6835124-1427631964-7278.jpeg

The Monolith Deathcult – Bloodcults
SOM 348D (DAX112XT).indd

Galar – De Gjenlevende
Dark-Essence-Records_Galar_De-gjenlevende_Cover

S.

The Erkonauts – I did something bad.


En cette période de l’année, avouons-le plutôt rock’n’roll, entre les concessions auprès des uns et des autres et les préparatifs aussi divers qu’improbables, il est nécessaire de se détendre avec une bonne grosse tranche de « n’importe quoi ».
Alors j’entends déjà hurler au scandale, commencer une chronique comme ça c’est pas « sympa » pour épargner les autres adjectifs que la décence m’interdit d’exprimer.

J’ai besoin de groove, j’ai envie de zouker comme une dingue en retournant mon appart, et pour ça, direction encore plus improbable : la Suisse.

Fier fleuron de l’horlogerie, de spécialités fromagères et autres bizarreries, la Suisse dispose d’un nouvel atout de charme : The Erkonauts. Formation toute belle toute neuve puisque née en 2014 – et à l’instar de nos compatriotes calaisiens – cette bande de joyeux fanfarons ne fait pas dans la dentelle en proposant un premier méfait joyeusement intitulé « I did something bad » suivie par une série impressionnante de concerts entre autres au Japon, en Europe et aux USA : en bref, tout un phénomène.

Voyons un peu le pourquoi du comment d’une telle déferlante.

0003007395_10

Notons – à juste titre – qu’étant complètement hors de mes écoutes habituelles je ne me permettrait de juger « I did something bad » que sur ma perception d’ensemble, manquant cruellement de connaissances en ce domaine.

Maintenant que le décor est planté, on y va. Et pas avec le dos de la cuillère s’il vous plait. Album de 9 titres,« I did something bad » est un gros gros melting-pot d’influences, certes pour celui qui veut vraiment médire, on peut toujours clamer qu’à prendre des bouts de partout on fait « d’la merde » sans intérêt. Ce qui s’est déjà malheureusement vérifié en effet. Pourtant, nous avons affaire ici à un potentiel absolument énorme affichant une maîtrise impeccable, une fois la claque déjantée passée nous ne pouvons que rentrer dans cet album à la fois farfelu, délirant et d’une énergie complètement communicative.

Comment ne pas tomber sous le charme de titres qui frisent la grande poésie comme « The great ass poopery » ? Ou encore « All the girls shoud die » qui résonne à fond la pop (je sais à l’écrit ça sonne beaucoup moins) presque comme un leitmotiv au 45e degré. Je ne connaissais pas, ce n’est clairement pas mon délire et pourtant j’adhère et plutôt deux fois qu’une!

Les textes et compositions sont travaillés, avec une rapidité étonnante et cette basse ! Uuh, puissante au possible, encore une fois on déborde d’énergie de tous côtés, ça zouke avec non pas une mais des personnalités incroyables presque frustrantes.

Vendu à 1000 exemplaires et actuellement sold-out, Kaotoxin a décidé de remédier au problème avec une parution imminente -prévue courant février 2016- avec mise en place de titres bonus inédits, première re-édition au format Digisleeve limitée à 500 exemplaires et en digital. S’il faut encore patienter un moment, dites-vous que la surprise n’en sera que plus appréciée lors de l’écoute de cet « I did something bad » passablement enflammé.

S.

Tracklist :

  • The Great Ass Poopery
  • Tony 5
  • All the Girls Should Die (ft. Drop of Sybreed)
  • Nola
  • Dominum Mundi
  • Hamster’s Ghost House
  • Gog
  • Your Wife
  • 9 Is Better Than 8

 


Kaotoxin :
Site officiel,
Facebook,
Shop.

The Erkonauts :
Site officiel,
Facebook,
Youtube,
Bandcamp.

Ataraxie – Slow Transcending Agony

A l’occasion de la sortie remasterisée de son album « Slow Transcending Agony » revenons aujourd’hui sur ce qui fût en son temps une véritable pièce maîtresse de la scène extrême française.

Pour la petite histoire, rappelons rapidement que c’est en 2000 que naquit la formation rouennaise, mênée par Jonathan Thery au chant et à la basse. S’orientant très vite vers un style doom death de bonne facture Ataraxie sort sa première démo trois ans plus tard, intitulée « The Other Path« , démo qui sera saluée de façon unanime tant par la critique que par les fans et permet au groupe d’acquérir une fanbase solide.

Faisant suite à cette sortie et à une série de concerts aux côtés de pointures du genre telles que Morigon, The Prophecy ou encore Evoken, Ataraxie assoit sa réputation au sein de la scène française ainsi qu’en dehors de nos frontières, c’est en ce contexte que sort, en 2005, son premier opus : « Slow Transcending Agony » dont nous parlerons aujourd’hui. Pourquoi ? L’envie de me repencher sur un album devenu cultes en quelques semaines d’un côté et l’attrait purement malsain pour le bonus exclusif proposé dans cette réédition : la cover de « The Tree of Life and Death » de  diSEMBOWELMENT.

Ataraxie - Slow Transcending Agony 10th birthday remastered edition - cover

Ce qui me plait particulièrement chez Ataraxie, plus encore sur cet opus, c’est sa manière atypique de retranscrire la mélancolie. Ici tout n’est que déchirement permanent, viscéral et absolu, si bien que celui ou celle qui n’est pas ou peu familier du fait de vivre véritablement un album ne sera, à mon sens, pas en mesure d’en apprécier les subtilités. Entre mid-tempo lents, très lents, chers à mon petit cœur, hurlements plaintifs, riffs lancinants bien qu’exacerbés et batterie tantôt majestueuse, tantôt éperdument assommante (dans le bon sens du terme) « Slow Transcending Agony » ne s’écoute pas, il se vit.

Ataraxie se veut torturé, avec « Step into the Gloom » la mise en abîme est annoncée comme vertigineuse vers le néant. Le ton est donné dès cette introduction qui plonge l’auditeur séance tenante au cœur d’un monde horriblement lugubre, froid, oppressant voire, osons-le, apocalyptique dans toute sa magnificence.
Cette sensation de mal-être ne fait que grandir au fil de l’écoute, entre mid-tempos quasi extraits du funeral doom dont la tension est palpable dès les premiers accords et la violence acerbe Ataraxie nous montre sa rapide évolution depuis « The Other Path » en proposant cette fois un opus frôlant la perfection en un style doom death de -très- haute voltige.

Autre originalité : le chant. Bien qu’ayant clairement un faible pour ce type de voix perdues entre hurlements, chant guttural et chuchotements plaintifs, ce qui change ici c’est l’ajout de la langue française. Le mélange des langues ajoute sans conteste une petite touche tranchant avec les habitudes et même si aujourd’hui ça peut sembler anodin, rappelons qu’en 2005 seules quelques formations ont pris ce risque. Or ce mélange est assez judicieux et renforce l’homogénéité des compositions.

En ce qui concerne le côté death métal, nous ne sommes pas en reste non plus. Bien qu’on sente clairement que les guitaristes ne soient pas présents pour afficher leurs talents techniques au grand jour, nous retrouvons certaines touches typiques du brutal death de-ci de-là qui amènent l’auditeur vers des pics émotionnels violents, très proches, me concernant, de la catharsis.

Voila pourquoi cette « lente agonie » a été perçue comme la meilleure sortie du genre entre 2000 et 2005 et a propulsé Ataraxie au rang de valeur sure de la scène doom française et internationale aux côtés de leurs homologues d’Evoken.

Album disponible en écoute via la bandcamp du groupe, hors cover inédite qui est clairement à la hauteur de l’original.

Tracklist :

  1. Step into the gloom,
  2. Funeral hymn,
  3. L’Ataraxie,
  4. Slow Transcending Agony,
  5. Another day of despondency,
  6. The tree of life and death – bonus.

Antropofago – Æra Dementiæ

11659396_10153425671159508_1866070947301236792_n

S’il est rare de me voir chroniquer autre chose que du black métal, c’est non sans intérêt que je me penche aujourd’hui sur une formation issue d’un genre musical radicalement différent : Antropofago.  Pourquoi, comment ? Inutile de hurler au scandale, dans la mesure où je ne maîtrise pas le sujet à 100% je ne développe ci-après qu’un avis sur un des points forts que traitent les montpelliérains : l’oppression. Là c’est clairement mon rayon les cocos, alors on y va.

De prime abord, l’on pourrait simplement se dire que c’est un énième album de death qui sort, encore un gros bordel dégueulasse, histoire de montrer qu’on sait en balancer plein les mirettes des auditeurs. Eh, tant que ça marche, pourquoi se priver.

Sauf que.

En regardant d’un peu plus près, Æra Dementiæ n’est pas un opus bête et méchant, il vient en effet clore de façon très ingénieuse le diptyque commencé en 2011 avec Beyond Phobia. Si ce premier album concernait, forcément je vous le donne dans le mille, les phobies, cette année Æra Dementiæ vient gratter du côté des non moins glorieux des troubles psychiatriques. Antropofago dévoile une nouvelle facette de sa créativité en propulsant purement et simplement son auditeur dans un remake de l’Antre de la Folie.

Æra Dementiæ s’ouvre sur une introduction qui, personnellement, me donne des boutons. 53 secondes de samples stridents auxquels s’ajoutent une voix fluette qui scande « meet the musical little creatures that hide among the flowers.. » à laquelle vient surenchérir les hurlements de Melmoth façon mantra super malsain « I am not mad!.. » Ok, normal, tout va bien. ça ou les ongles sur un tableau noir c’est juste parfait. Notons également le clin d’oeil, ce hurlement nous renvoie non sans humour à Beyond Phobia. En somme, le ton est donné, comme à son habitude, Antropofago happe son auditeur dès les premières secondes  dans les profondeurs de sa tourmente.

Le choix des thèmes abordés m’a également tout de suite tapé dans l’œil, étant habituée à voir ces sujets en métal plus dépressif, j’étais clairement curieuse de savoir comment ils allaient tirer leur épingle du jeu. C’est donc très agréablement surprise que j’ai poursuivi l’écoute de cet album.

Les titres s’enchaînent avec une homogénéité déconcertante, réussir à faire transparaître tout le côté malsain, voire limite cru de pathologies lourdes comme la paranoïa, la démence, la possession ou encore la schizophrénie à grands coups de riffs plus acérés les uns que les autres, de blasts à qui mieux-mieux et j’en passe, affiche une maîtrise parfaite de la part des musiciens.

La technique est, comme annoncé, omniprésente, il en découle une efficacité absolument remarquable. La pression est énorme, le rythme se veut horriblement intense à la limite de l’insupportable, Antropofago impose à son auditeur une pression presque palpable, qui entre parfaitement dans le thème de cet Æra Dementiæ.

Ce second opus frappe donc très fort et n’a pas fini d’asseoir la réputation de la formation comme rouleau-compresseur. Après tout, c’est tout ce qu’on aime.

Coup de cœur : Body Cell, Æra Dementiæ, God of Fire et Voices.

Deathspell Omega – Paracletus

81GnLIirxlL._SL1500_

Me voila ce soir avec un moral tellement au ras des pâquerettes que c’est à grand renfort de cris horriblement déchirants que je vous soumets ma vision du nouveau méfait de Deathspell Omega, “Paracletus”.

Pour ceux à qui le doux nom de Deathspell n’évoquerait pas grand-chose, il s’agit ici d’une formation française qui sévit, principalement sur la scène Underground il faut bien le dire, depuis 1998. Ce groupe est absolument énorme pourtant le pseudo-élitisme qui règne en maitre au cœur de ce milieu ne cesse de remettre en ligne de mire le débat de cours d’écoles : Black ou pas Black ?

Quand on regarde un peu ce qu’il se dit sur la toile et/ou en concert, tous les avis sont partagés : entre le fan Trve ivol qui déteste, ne jurant que par le “vrai” black metal, celui qui ne s’écoute QUE sur Tape (comprendre : cassette audio, qualité de son de merde oblige, on est Black ou on ne l’est pas..) avec une sortie en trois exemplaires dont un introuvable, un qui soit complètement en morceaux et le dernier bouffé par un chien. C’est bien connu, plus c’est rare mieux c’est. Fan donc hystérique devant la sortie de ce “Paracletus” puisque nos amis français “ne sont bons qu’à faire de la musique pour trends sans aucune culture musicale digne de ce nom.”
Ensuite nous avons les gens qui font partie de la masse de métalleux, ceux qui n’écoutent pas forcément de Black mais qui avouent volontiers que le talent est bel et bien présent, je pense personnellement à certains amis, Death metalleux devant l’éternel, qui sont restés sur le cul pendant et après l’écoute de ce nouvel album.

Autre fait pour le moins étonnant, alors qu’à l’extérieur des frontières de notre belle nation Deathspell Omega fait un réel carton, ici on se retrouve encore et toujours avec des gens qui trouvent encore à redire devant le travail monumental qui a été accompli par la formation sur ce “Paracletus”.

En ce qui me concerne, c’est avec une joie non dissimulée que je m’attaque à cet album, à noter que la suite de ma chronique sera basée sur une écoute du “Paracletus” sur support vinyle, ce qui peut impliquer que le son sur un support Cd traditionnel soit légèrement différent. Quitte à me mettre à dos la communauté Trve ivol, étant donné qu’à mon sens le meilleur support reste le vinyle, vous pourrez m’insulter/me casser la gueule plus tard bande de moules.

De prime abord le support en lui-même a une classe énorme, le livret ainsi que l’artwork sont absolument splendides. Ça nous change des trop nombreuses formations qui osent prendre les auditeurs pour des cons en proposant des livrets horriblement laids voire mal fichus. On peut convenir que Deathspell Omega ne sort pas d’albums à tour de bras, ceci dit, au moins ils font les choses en grandes pompes : Classe, sobre, glauque, en un mot comme en cent, terriblement efficace.

Les puristes seront sans nul doute très surpris par l’orientation qu’a pris Deathspell Omega lors de la réalisation de cet album. En effet, dès les premières secondes il paraît clair que le son ne sera plus orienté principalement vers le Black metal pur et simple, ce n’est quand même pas pour rien que la formation est perçue comme avant-gardiste et on comprend aisément pourquoi lors de l’écoute de “Paracletus”. Nous nous retrouvons effectivement face à un mélange d’influences pour le moins détonant qui surfe sur une mouvance de plus en plus pressentie concernant un autre genre musical, osons les grands mots, le hardcore. Dis comme ça forcément ça peut choquer, pourtant, Deathspell nous propose ici un méfait hautement réfléchi, nourri aux hormones le tout sur une production qui a de quoi faire pâlir bon nombre de formations pour un résultat littéralement bluffant : ambiances ultra pesantes, chaque instrument se retrouve extrêmement pressant, une structure musicale monumentale, complexe et plus efficace encore que ce que le groupe a pu nous livrer jusqu’à présent.

Ce changement progressif d’orientation se perçoit depuis le changement de Line-up au chant. Lorsque Shaxul, également au chant chez Annthennath quitte la formation pour laisser place à Mikko. Depuis on remarque au fur et à mesure une dérive de plus en plus marquée vers un genre spécifique à Deathspell Omega : froid, puissant, efficace, complexe, dissonant tout en étant horriblement tranchant.

Du point de vue musical, on se retrouve avec 40 minutes de son monumental. Pour résumer la situation simplement : “Paracletus” transpire les feux de l’Enfer. Dissonant, pervers, apocalyptique.
Le chant est également terriblement mis en avant par le travail de production, ici le sujet est maitrisé sur le bout des doigts. On se retrouve avec une voix utilisée comme un triptyque : l’anglais pour le chant Black, le latin pour le chant clair et le français façon parole du prêcheur qui révèle les thématiques théologiques développées par Deathspell.

Violent, destructeur, maléfique, blasphématoire, c’est ça Deathspell Omega.

Parution originale pour MetalFranceDeathspell, by S.

Temple of Baal – Verses of Fire

Verses of Fire : le préambule.

J’attendais avec impatience la sortie de ce nouvel opus de Temple, formation que j’affectionne et qui ne m’a jamais déçue.

Nous avons déjà pu, à plusieurs reprises, nous rendre compte du potentiel créatif du groupe, notamment via le fameux « Traitors to Mankind« (full-length – 2005) ou encore son prédécesseur « Ligthslaying Rituals » (full-length – 2009) qui ont fortement marqué la scène UG française.

Il faut dire que Temple a de la bouteille, formation active depuis plus de quinze ans, l’expérience s’en ressent fortement dès la première écoute, qu’on aime ou qu’on aime pas, Temple ne laisse de toute façon pas indifférent, loin de là.

386592
Premières impressions.

Voici donc que ce nouvel album débarque. Bien, de prime abord sur le papier je suis conquise.L’aspect « dégoulinant » de l’artwork, signé par l’AAA Atelier, en impose. On appréciera particulièrement le choix des teintes qui renforcent à mon sens davantage le rendu iconographique (limite religieux?) de ce crâne. Malsain? Vous avez dit malsain?

Forcément, la première chose qui me soit venu à l’esprit fût, fort justement, « Oh p*tain! Oh p*tain! » Je sais, dans la bouche d’une femme c’est très vilain, pourtant c’est tout ce que Temple m’inspirait sur le moment : l’excitation.

 Verses of Fire : l’album.

 

Envoûtant. Verses of Fire s’avère être un album puissant, qui ne renouvelle pas le genre, certes, cependant Temple opère un retour aux sources clairement réussi. Nous retrouvons également ce fil conducteur omniprésent dans la discographie du trio Parisien : la notion de transcendance. Notion en face de laquelle il est impossible de rester indifférent.

Les « versets de feu », Lucifer, le feu induisent clairement plus qu’ils ne suggèrent cet attrait pour la destruction des schémas établis, oui en une certaine mesure les ptits gars de Temple sont philosophes. Trêves de conneries, il est important à mon sens de s’intéresser un minimum au « leitmotiv » d’un opus afin de pouvoir en apprécier tous les tenants et aboutissants. Eh oui, un peu de finesse.

Influences/Atouts.

Nous retrouvons également les classiques de TempleCrowley, Antaeus ou encore une fois cet attrait pour le feu (« Gnosis of Fire » / « Walls of Fire » etc..) parfois déconcertant. Verses of Fire dispose également d’un atout pour le moins inédit : le français. Je sais, de prime abord nous aurions tous tendance à sourire gentiment en entendant un chant en français dans un album de, osons-le, black métal. Et pourtant.. Etant d’avis que l’ouverture d’esprit soit un gros atout pour une formation, il faut le dire oui, Temple a eu les couilles de le faire.

Grand bien lui fasse ! Le mélange subtil de français et de latin rajoute un très bon impact sur l’auditrice que je suis. Une première pour le moins réussie haut la main. On remerciera Alastor pour l’idée et Amduscias d’avoir réussi à relever le défi.

Niveau production nous retournons également vers les débuts du groupe, avec un son beaucoup plus froid, voire organique par moments, qui permet de pouvoir apprécier chaque instrument à sa juste valeur sans avoir d’impression de « joyeux bordel » façon black métal.

 Et sinon ?

Que dire sinon que cet opus me fout une nouvelle fois une grosse claque dans la tronche.

Temple enfonce une fois de plus le clou avec une facilité déconcertante, tant du point de vue qualitatif que quantitatif : Verses of Fire est à ce jour leur album le plus long, offrant dix titres et plus d’une heure de jouissance auditive.

Coup de cœur personnel : Arcana Silentium.

Violence et énergie, le doublet gagnant.

Fluide, efficace et horriblement malsain, Verses of Fire sera plaire à un large spectre d’auditeurs: ceux qui sont attirés par la technique du Death, ceux qui accrochent directement sur l’aspect froid et malsain des textes ou encore ceux qui préfèrent prendre leur pied sur des mid-tempo parfois à la limite du Doom. Eh.

Temple frappe fort, avec une intensité toute particulière qui lui permet d’avoir ce petit je-ne-sais-quoi qui n’a pas fini de nous étonner et surtout, de nous plaire. Le prochain, les gars, il est prévu pour quand ?

Parution originale pour MetalFranceTemple of Baal, by S.

Galar – Skogskvad

galar-skogskvad_imagelarge

Chacun sait que l’être humain fonctionne selon une ribambelle de préjugés, plus ou moins grossiers. Des associations d’idées qui, au fur et à mesure se métamorphosent en idées reçues complètement loufoques. Le milieu musical ne faisant pas exception à la règle c’est avec surprise que je me suis vue répondre « Suisse » par la moitié des gens auxquels j’ai demandé à quelle(s) nation(s) nous pouvions penser en matière de Folk Metal. Triste réalité ou manque de culture ce n’est pas vraiment étonnant lorsqu’on voit le fleuron de cette scène, les influences folkloriques sont-elles le « Must Have » du moment? Les trolls et autres lutins sont mignons, ce n’est pas pour autant que l’on puisse se vanter de produire un métal couillu et très bien mis en place. C’est pourtant ici que mes petits protégés débarquent.

Du Folk au pays du Black Metal.

Bergen. Eh. Certains puristes dans l’âme iront hurler à l’infamie. Bergen, vous savez, cette petite ville qui a vu naître un nombre impressionnant de formations affichant peintures de guerre, cartouchières et autres clous (impressionnants eux-aussi) avec un Black Metal haineux au possible. Qu’elles soient brutales, avec ou sans intérêt c’est bien connu, les formations norvégiennes ne peuvent être QUE Black Metal pur et dur, de celles qui cassent les parpaings avec la tête.

Ou pas.

Il devient assez difficile de remarquer le bon du reste du panier vu le nombre de groupes qui commencent à utiliser ces sonorités et ce peu importe le style de base. C’est pourquoi Galar m’a immédiatement tapé dans l’oeil (ou l’oreille c’est selon). Avec ce premier opus au nom tout aussi charmant qu’imprononçable de SKOGSKVAD. Galar tire sans conteste son épingle du jeu : un style alliant Folk et Black en un Pagan de qualité remarquable tant par les titres en eux-mêmes qui affichent clairement un instinct tribal entre guerre et sauvagerie sans nom, que par la production. En effet, chaque instrument est audible avec une très très bonne qualité de son trop souvent l’aspect le plus faiblard de ce style musical.

Notons également que le chant a été travaillé de façon assez classique puisque nous nous retrouvons avec deux lignes de chant distinctes – dont la mise en place reste, au passage, superbe – : une voix claire couplée à un chant Black metal qui prend de fait toute son ampleur grâce à sa haute qualité/brutalité.

Puissance épique et rentre-dedans : vers un renouveau?

Comme je l’ai dit précédemment, Galar se défend à merveille, du talent et de la puissance à qui mieux mieux bien que parfois un petit manque d’énergie de çi de là. C’est sans nul doute une perle rare que ce SKOGSKVAD. Galar ne se montre certes pas vraiment original avec ce premier opus, pourtant nous pouvons d’ores et déjà les compter parmi les valeurs sures de la scène Pagan internationale.

Tracklist :

  1. Skogskvad
  2. Ragnarok
  3. Dodsmyr
  4. Kronet til konge
  5. Skumring
  6. Hugin og munin
  7. Slagmarkens falne sjeler
  8. Jotneraid

Parution originale pour MetalFranceGalar, by S.

Beaten To Death – Xes and Strokes

Ah. Du Scandinave. Putain mais oui !

Beaten To Death, en voila un combo qui semble avoir tout pour plaire. Si ce nom ne vous évoque pas tripette, j’avoue qu’au départ moi aussi j’étais plus que sceptique. Ah. Toujours casse-couilles dès que je me hasarde loin de mon Black bien aimé, c’est plus qu’amusée que je me penche sur le line-up. Imaginez un peu le délire provoqué par plusieurs pointures de la scène nordique qui se réunissent sous un même drapeau avec l’idée de monter un projet brutal. Beh, voila en quoi consiste ce combo.

Or donc, niveau line-up justement ça en jette déjà pas mal :

  • Anders au chant,
  • Tommy Hjelm & Martin Rygge aux guitares, accessoirement également membres du groupe Insense,
  • Mika à la basse,
  • et enfin, Christian « Bartender«  aux fûts, plus connu sous le pseudonyme d’AntiChristian de ? de ..? Tsjuder.

Ceci étant, on la ferme et on écoute. En gros c’est ça l’idée.

 

C’est au label Mas-Kina Recordings que nous devons ce méfait, réalisé dans le pur style hadrcore & co puisque les titres qui le composent ne font, pour la plupart, pas plus de 2 minutes. Moi qui suis habituée ces derniers-temps aux sons extraits du pays du Doom, ça change gravement ce qui, il faut bien l’avouer n’est pas une si mauvaise chose.

Je ne noterai pas cet opus, pour la bonne et simple raison que ce style ne m’est pas assez familier donc je n’ai pas assez de points de comparaison pour établir une note qui soit juste.

3.2.1, It’s On

Ouh, première vidéo, premiers ressentis

 

D’emblée je suis sur le cul.

Là où certains parlent de mélodies, je ne peux que rire doucement face à ce genre de considération vu le style. Ce dernier étant travaillé de manière complètement hybride, reprenant le meilleur de chaque catégorie. Nous nous retrouvons donc en présence d’un album alliant une grande puissance, un sens aigu de la technique, des rythmiques très bien menées ainsi que du blast, du blast et encore du blast mis en place tellement facilement qu’on pourrait croire sans sourciller que notre Bartender prend son petit déj’ en même temps.  Le chant me prend également au dépourvu, l’amplitude de l’organe d’Anders me laisse comme qui dirait sans voix, sans parler de l’omniprésence très marquée de la basse qui, bien que ne consistant certes pas en une nouveauté extraordinaire, vaut largement la peine d’être soulignée.

 Eh, Brutal on avait dit.

 Pour résumer la sortie du ce premier opus Xes and Strokes, propulse mes tympans vers un univers jusqu’alors méconnu. C’est donc grandement surprise que je ne puis que vous conseiller cet album, paru le 26 Septembre 2011.

 Technique, original et brutal, bref, tout ce qu’on aime. 

Grouik.
Parution originale pour MetalFranceBeaten to death by S.

Ragnarok – Malediction

 Mise en abîme

 

Deux ans après Collectors of the King, Ragnarok nous revient avec son septième opus « full-lenght ». sobrement intitulé Malediction. Ah.. Quand on connait un minimum la carrière de nos amis norvégiens, il est plus que légitime de se demander ce qu’il va encore nous tomber sur le coin de la gueule. Et pour cause.

Visuellement déjà – sans que ce soit certes une réelle innovation – l’artwork affiche d’emblée une certaine classe.

ARCD106

Rien de nouveau dans les thèmes abordés, si ce n’est que personnellement je trouve que les teintes utilisées apportent un plus à l’aspect pour le moins dérangeant du visuel. Trop de formations de black metal se complaisent dans le noir et blanc ce qui me gonfle profondément vu la réduction de l’impact visuel de certains albums en monochromie. Eh, quitte à être casse couille jusqu’au bout, je ne fais pas partie des gens qui pensent que le contenant n’est pas utile à un bon opus, l’oeil étant le premier sens visé, il est important que l’impact soit le plus puissant possible.

Ce qui me plait beaucoup avec Ragnarok c’est cette volonté de rester à tout prix fidèle à son orientation musicale. Depuis les débuts de la formation, aucune sortie ne déroge à la règle : un black metal sombre, puissant, extrêmement agressif. Certains comparent à cet entêtement à Dark Fu ou encore Marduk, dans l’idée, pourquoi pas, « évolutions » semblables, bien que fondamentalement différentes.

Combien de fois nous pouvons entendre ces pathétiques rengaines « le black, c’était mieux avant ». Avant quoi ? Non mais sérieusement, peut-on vraiment regretter, voire carrément reprocher l’évolution d’une formation ? Tous ces gens qui n’ont toujours pas compris que la musique était avant tout une histoire de feeling, honnêtement je les plains. Les attentes de tous évoluent, fort heureusement d’ailleurs, toutefois, c’est avec un plaisir certain que je retourne dix ans en arrière avec Ragnarok avec un style peut être pas hors normes mais au moins hors du temps.

 

Band-photo-net-big-version

 

 Malediction est un album dans la même veine que ce que je perçois comme la meilleure sortie du groupe à ce jour, à savoir Arising Realm (1997). Un savant mélange de puissance et d’agressivité mené avec brio d’un bout à l’autre de ces 10 titres, purement et simplement assommants. La puissance semble d’ailleurs être devenue un vrai leitmotiv, tout y passe au cours de l’écoute de ce nouvel opus. Technique, oui et non, comparativement à d’autres styles, cependant, la grosse force de Ragnarok s’affirme une fois de plus à travers une mise en place ultra carrée, aucun répit n’est accordé à l’auditeur qui fini l’écoute presque à bout de souffle tant les compositions sont aussi prenantes les unes que les autres.

Si vous cherchez de la nuance, forcément, ce n’est pas la peine de vous pencher sur le sujet. Ragnarok enfonce le clou de façon horriblement grasse, rendre dedans au possible, sans aucune retenue.

A mon sens, Malediction rempile à merveille grâce à la hargne de musiciens compétents qui ne perdent pas leurs temps en expérimentations diverses. Brutal, bien que sans réel apport de nouveauté dans le genre, nous avons là un opus qui permet de se prendre une bosse grosse claque façon 90’s et j’en redemande avec plaisir.

Un album qui plaira sans nul doute –entre autres– aux fans de Taake.

Tracklist :

  1. Blood of Saints
  2. Demon in my View
  3. Necromantic Summoning Ritual
  4. Divide et Impera
  5. (Dolce et Decorum est) Pro Patria Mori
  6. Dystocratic
  7. Iron Cross – Posthumous
  8. The Elevenfold Seal
  9. Fade Into Obscurity
  10. Sword of Damocles
  11. Retribution (titre bonus exclusivement disponible en vinyle)

Parution originale pour MetalFranceRagnarok by S.