Vorkreist – Sigil Whore Christ

Sublimation XXIXA ✖

Il aura fallu attendre près de trois ans à Vorkreist pour nous faire part de son nouveau projet : Sigil Whore Christ. Autant Sublimation XXIXA m’avait clairement mise sur le cul lors de sa sortie en 2006, autant j’ai été un peu déçue par Sickness Sovereign en 2009.

Ce qui est proprement génial avec un groupe comme Vorkreist, à savoir composé de membres ayant une expérience énorme de la scène et du black métal en particulier, grâce à leurs autres projets respectifs, c’est qu’il est pratiquement impossible de prévoir de quel bois sera fait le prochain album.

Seule chose certaine : avec à la barre des membres de formations aussi respectées qu’agressives comme Merrimack, Hell Militia, ou pour faire court Antaeus, nous devions nous attendre à nous reprendre un pavé en pleine figure.

Chose promise, chose due.

Il est clair qu’en fan de la fameuse LSK et de sa patte reconnaissable entre mille, c’est avec la bave aux lèvres que je me suis empressée de me procurer ce nouvel opus.

 vorkreist

Étant extrêmement difficile quant à la qualité de l’objet en lui-même, j’avoue avoir été séduite par l’artwork de Sigil Whore Christ. Certes sobre, avec ses teintes anthracites du plus bel effet auxquelles s’ajoutent l’or et le rouge sang, il faut bien reconnaître que le contenu a de la gueule.

De prime abord on pourrait se dire que rien que visuellement ça valait le coup d’attendre et c’est déjà pas mal.

Sorti ce 22 avril 2012 via nos polonais d’Agonia Records, cet opus se place pourtant en position pour le moins délicate dès la lecture du premier titre.

En effet, De Imitatione Christi est une introduction qui donne immédiatement le ton : Sigil Whore Christ se veut dans la lignée ce son prédécesseur, soit un black métal de haute voltige, avec cependant des relents beaucoup beaucoup plus orientés heavy.

Eh. Forcément, j’imagine que pour ceux qui suivent Vorkreist depuis un bout de temps, ça a du faire un gros choc. Ceci dit, c’est un atout que peu de formations ont osé aborder en ce sens et même s’il est certains qu’en jouant cette carte Vorkreist se sépare de la partie la plus puriste de ses fans, j’avoue que le rendu n’en est pas moins malsain pour autant.

Coup de cœur énorme pour le titre suivant : Maledicte

Propre, carré, je retrouve avec un plaisir non dissimulé le côté violence primaire qui me plait tant chez nos parisiens.

Deus Vult, Ecce Homo, Ad Nauseam ainsi que Scalae Gemoniae sont des titres qui m’ont davantage marquée que le reste de l’opus. Cette fois ci, les compositions, sans être à 100% transcendantes par rapport au passé du groupe, sont menées de façon plus originales, transportant de fait l’auditeur vers un black métal beaucoup plus piquant, tendu.

Sans être aussi malsain que le fameux III que nous a produit Aosoth, Sigil Whore Christ est un opus dérangeant, à la fois acerbe et tranchant. Vorkreist réussi sans nul doute un gros tour de force en imposant une nouvelle fois sa propre marque au sein de la scène française.

Pour ceux qui en douterai encore, avec Sigil Whore Christ, Vorkreist assoit sa réputation et confirme sa position de pierre angulaire de la scène underground internationale.

Tracklist :

  1. De Imitatione Christi
  2. Maledicte
  3. Deus Vult
  4. Dominus Illumination Mea
  5. Memento Mori
  6. Ecce Homo
  7. Per Aspera Ad Astra
  8. Ad Nauseam
  9. Scalae Gemoniae

Parution originale pour MetalFranceVorkreist by S.

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Acrimonious – Sunyata

Acrimonious est une formation grecque, qui se fraie son chemin au sein de la scène black métal internationale. Si ce nom vous parle c’est une chose, quant à se pencher sur son travail, c’est une autre paire de manches. La sortie de leur premier opus, Purulence, en 2009 n’ayant pas fait grand bruit, j’avoue avoir été très surprise qu’une formation de ce type figure chez un label comme Agonia.

Étant à la fois curieuse et sceptique, c’est amusée que je me suis mise à écouter ce nouveau venu : Sunyata. Disponible à partir du 27 Novembre 2012.

Forcément, s’il y a bien quelque chose qui frappe au premier abord c’est l’artwork (Kyle Fite & Vampress Imperium).

– Ok, je sais, je suis puriste toussa. –

Ceci dit là faut pas pousser mémé, l’incohérence est plus que remarquable :

sunyata

Étrange ??  J’avoue ne pas comprendre le but recherché. Artistiquement bon, c’est pas si vilain. Conceptuel on va dire pourtant je ne vois toujours pas le rapport avec le contenu. Même chose, pour connaître un minimum le milieu musical concerné, je suis certaine que ce sera un frein à l’écoute des auditeurs les plus, disons, bornés. Attention je ne dis pas que j’ai une dent contre l’expérimentation, je bite pas le choix artistique dans ce cas précis.

Préférant rapidement délaisser mon intérêt fétichiste pour les contenants, je me presse donc de passer à l’écoute proprement dite de cette nouvelle galette. Eh. C’est encore une fois complètement déconfite que je me retrouve paumée. Promue comme une sortie alléchante regroupant techniques, rythmes etc des scènes rock’n’roll, heavy et black métal  – déjà je rigole jaune huhuhu –  on a en fait plus l’impression de se prendre en pleine tronche un « style » bouffant à tous les râteliers étant beaucoup trop brouillon pour être réellement remarquable, je suis de plus en plus surprise de trouver ce genre de projet signé sur un label.

Curieux, bienvenue au coeur de la Farce.

Alors vu que je suis gentille tout plein, j’ai 9 chances sur 10 qu’on vienne encore me gonfler avec des remarques à deux balles du style « oui mais quand c’est pas une formation underground tu lui rentres dedans« .  Je ne cache pas mon intérêt pour cette scène, certes, cependant mettant un point d’honneur à être la plus juste possible, je répète que je ne comprends pas ce que je fous sur cet opus.

Le mix d’autant de genres aurait pu être intéressant sans nul doute, pourtant le fait d’être ravie d’arriver au bout de l’écoute pour le moins interminable n’est vraiment pas un bon point à mon sens. Il y a du potentiel, de la recherche, sans parler de la technique qui est bien là elle aussi, pourtant je reste clairement sur ma faim avec la désagréable impression d’être prise pour le dindon de la farce.

J’ai conscience que ce genre de promo va me mettre sur la liste noire de Jésus, pourtant je n’avais pas été aussi déçue par une sortie depuis longtemps.

Tracklist :

  1. Nexus Aosoth
  2. Lykania Hecate
  3. Adharma
  4. Glory Crowned Son of the Thousand Petalled Lotus
  5. The Hollow Wedjat
  6. The Sloughed Scales of Seperation
  7. Vitalising the Red-Purple in Ishet-Zenunim
  8. Black Kundalini

Parution originale pour MetalFranceAcrimonious by S.

Finsterforst – Weltenkraft

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« Weltenkraft » est un des rares albums, bien que faisant partie intégrante d’un style musical pour le moins particulier, dont l’écoute prolongée ne provoque pas une chute inquiétante de nos chers neurones bien aimés.

Vous l’aurez compris, je suis loin d’être une fanatique de métal folk, pourtant, je dois bien avouer que je m’incline devant la réussite de cet opus à la fois complexe au regard des compositions mais également d’un point de vue technique.

En effet, Finsterforst, à travers cet album paru en 2007 chez le label allemand Heavy Horses, signe une « vulgarisation » du style auquel il appartient. Après avoir écouté d’un bout à l’autre cet opus, la seule chose qui nous vient à l’esprit, outre le fait de vouloir sauter sur le reste de la discographie du groupe, c’est de chercher ce qu’il se fait d’autre en matière de folk tant le fond et la forme sont bons. « Weltenkraft » donne à son auditeur une irrésistible envie d’en savoir plus sur ce mouvement musical parfois bien mal servi.

La technique étalée sur les différents titres est assez étonnante également, on reste dans le carcan folk avec toutefois une pointe de mélodique et de touches de heavy judicieuses. L’enchainement des titres est remarquable, nous ne retrouvons pas les trop grosses différences d’un titre à l’autre qui jouent trop souvent le rôle de parodie musicale qui poussent l’auditeur ayant un minimum d’oreille à sourire jaune, ici tout les titres découlent les uns des autres ce qui est fort agréable en soit.

Il y a beaucoup de travail derrière ce projet, le résultat est à la hauteur des espérances des fans mais aussi de ceux qui souhaitent prêter une oreille à ce que pourrait être un des meilleurs groupes du genre de ces dernières années.

Tracklist :

  1. Des Waldes Macht
  2. Die Suche nach dem Licht
  3. Lauf der Welt
  4. Traumwald
  5. Spiegelscherben
  6. Vom glorreichen Schmerz
  7. Rauschende Nächte
  8. Weinende Ruinen
  9. Weltenpilger
  10. Verlorene Seelen

Parution originale pour MetalFranceFinsterforst. by S.

Throne of Katarsis – Ved Graven

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J’ai pour habitude de me jeter sur les sorties signées par Candlelight Records comme la pauvreté sur le monde, surtout lorsque l’on pense aux nombreuses claques musicales qu’ils ont produit ces dernières années.

Vous savez, ce black métal puissant, horriblement sombre, malsain au possible complètement crade dans le pur esprit des premiers opus des formations originelles. Ce black qui vous prend aux tripes et qui ne vous lâche pas un instant avant l’apothéose finale tel un certain Wrath of the Tyrant.

Or, c’est une amère déception qui a suivi l’écoute de ce Ved Graven. Comme je le disais, beaucoup de chevelus ont eu le coup de cœur pour cet opus. A l’heure actuelle je cherche encore pourquoi.

Le renouveau du Black Metal? 

Bah putain si c’est vers ça qu’on va je préfère me tourner clairement vers autre chose.
La production est digne des premières démos de Black effectivement : un son horriblement chiadé de ces titres qui vous donnent l’impression ridicule d’avoir été enregistrés au magneto dans une salle de bain, non merci. En 2012, avec les moyens de production dont disposent les formations signées chez ce type de label c’est totalement incohérent.
Attention je ne suis pas en train de dire que je n’adhère pas à ce type de délire, loin de là, pourtant quitte à aller jusqu’au bout d’une idée autant privilégier un support adapté à ce type de son du style de la bonne vieille tape ou du vinyle. Ici nous avons au contraire un support cd où la seule chose qui se veuille « crade » se résume à l’artwork et encore. En ce qui me concerne c’est une grosse impression de coup marketing qui se fait sentir et qui ne me donne vraiment, mais alors vraiment pas l’envie de poursuivre.

Illisibilité, chromie fade au possible, élitiste au plus haut point. A trop vouloir en faire on se casse la gueule avec perte et fracas.

Le son m’a également beaucoup déçue. Je connaissais sur le bout des doigts la force dégagée sur les premiers opus de Throne of Katarsis, ici nous ne retrouvons tristement que des éléments, qui certes ont fait la fierté du genre, ont été minutieusement « empruntés » à d’autres. Je ne rentrerai pas dans le détail ça me lourde assez comme ça. Ce qui me casse le plus les bonbons finalement c’est de constater qu’une formation de ce type puisse nous pondre une merde pareille et que ça puisse passer totalement pour acquis voire même normal puisqu’ils sont signés chez un gros label. Ce n’est pas normal et ça reste une honte.

Aucun fair-play, pas d’originalité, aucune nouveauté à part peut être un profond dégoût.

Quitte à se lancer dans l’art subtil de la copie autant le faire sans se baser sur une formation reconnaissable entre 1000 : Deathspell Omega première période.

Katarsis : Effet libérateur provoqué par la décharge d’émotions longtemps réprimées.

Effectivement, en ce sens Throne of Katarsis a rempli son rôle en provoquant chez moi un violent rejet en proposant cet album qui se révèle être une insulte au concept même d’art musical.

Tracklist :

  1. Profetens Siste Vandring
  2. Helvete Kaller
  3. Av Dypets Kulde
  4. The Holy Remains The Weak
  5. Mesterens Tilbakekomst
  6. Åpne Alle Sår
  7. The Ultimate Shrine

Parution originale pour MetalFranceThrone of K. by S.

Turisas – Stand up and Figth

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Line-up :
Mathias Nygard : chant
Jussi Wickström : guitares
Olli Vanska : violon
Netta Skog : accordéon
Hannes Horma : basse, backing vocals, programmation
Tude Lehtonen : batterie, percussions.


En ce qui me concerne je n’ai pas le même point de vue sur cet album. En effet, je ne me suis plongée dans son écoute qu’après avoir eu l’occasion de les voir évoluer en live.

J’avoue que je ne connaissais Turisas que via leur cover culte de ‘Rasputin‘. C’est donc plus par curiosité qu’autre chose que je me suis rendue à leur concert lillois avec, entre autres, Finntroll, me demandant si, oui ou non, ils jouaient ce titre en live.

Turisas étant présenté comme une formation de folk-métal et tout le bordel, j’avoue qu’au départ je n’étais vraiment pas très chaude car ce n’est pas un argument qui, à mon sens, me donnait envie d’écouter davantage leur musique. Trop vu et revu pour détenir ne serait-ce qu’un minimum d’intérêt.

Inutile de dire que depuis la performance à laquelle nous avons eu droit ce soir-là j’ai radicalement changé d’avis.

L’étiquette que nous collons allègrement sur leur travail ne correspond en rien, d’après moi, à la réalité. Certes, les thèmes abordés sont bien souvent issus du folklore, cependant, Turisas a su réaliser un tour de force en ajoutant une patte si particulière à un style qui s’essouffle trop facilement pour proposer un album intéressant d’un bout à l’autre.

« Stand Up and Fight » n’est que le troisième opus « full length » de la formation finlandaise, cependant, nous avons à faire ici à un album d’une diversité absolument étonnante. Quatre ans ont été nécessaires à sa mise en place, un laps de temps qui s’avère être très long pour une formation en activité, il est donc tout naturel de concevoir que la sortie de cet opus ait fait beaucoup parlé d’elle avant même d’être disponible à la vente. Entre fans et presse spécialisée, nos compères en rouge et noir étaient clairement attendus au tournant.

Dès sa parution dans les bacs « Stand Up and Fight » fait un carton unanime auprès de son public. Quatre ans c’est long, certes, malgré cela, lorsque l’on constate le travail accompli sur cet album nous ne pouvons que nous taire, en apprécier goulûment l’écoute et remercier le sieur Warlord et consorts car c’est avec un regret persistant que se font entendre les dernières notes de cet opus étonnant.

Notez bien que ce style musical me rebute les 3/4 du temps. Je me doute que le fait d’insister sur ce point peut sembler chiant, à la limite tant mieux, car en fan de Black devant l’éternel, pour que j’en arrive à vous dire que cet album déchire sa grand-mère en short léopard c’est que c’est réellement le cas.

The March of the Varangian Guard‘ ouvre cet album avec brio, entre hymne à la fois guerrier et folk, mettant étonnamment en valeur le style de Turisas. On retiendra sans difficulté que ce « Stand Up and Fight » s’annonce d’ores et déjà comme le digne successeur de « The Varangian Way » (2007). Suite logique ? Pas tout à fait, car nous avons désormais sous les yeux (bon ok, oreilles) un travail beaucoup plus accompli, mis en place de façon méthodique tant au niveau des thèmes abordés que des compositions et/ou orchestrations ou même en ce qui concerne l’aspect visuel.

Titre d’ouverture donc, à la frontière des genres heavy, folk aux influences progressives. Véritable hymne de ralliement derrière une formation désormais à son plus haut niveau.

« Guards of glory and of might
Red as blood and black as night
Flies our banner as we march »

En gros, on a compris l’idée. Stand Up and Fight se veut guerrier, oui, mais à condition de guerroyer avec classe!

Take the Day!‘ est un titre qui s’ouvre sur un rythmique plus lente bien que toujours entraînante au possible. Mathias a une voix superbe, étant à la fois capable de chanter des mélodies claires mais également des refrains criés avec une aisance remarquable. Sans doute un des titres les plus ‘calmes’ de ce nouvel album, contenant une puissance remarquable, à la mesure de certaines bandes annonces de chefs-d’oeuvre du cinéma. On sent clairement que les émotions sont contenues durant les couplets pour exploser littéralement sur les refrains.

Hunting Pirates‘ Titre quelque peu « étrange ». Personnellement j’ai beaucoup accroché sans savoir réellement pourquoi. Les rythmes sont entraînants, la composition étudiée à la virgule près pour nous donner un effet à la fois comique de chasser le pirate avec eux mais également de force positive. C’est limite le sens du ridicule qui m’empêche de rentrer dans le délire avec une épée en plastique et un chapeau en papier histoire de profiter à fond de la bonne humeur que ce titre dégage.

Venetoi! – Prasinoi!‘ c’est, à mon sens, comme si on avait eu une cour de Louis XIV plongée dans l’ambiance Rock’n’Roll. Étonnant, une fois encore. On se retrouve aux commandes d’un titre assimilable à une « marche militaire » revisitée par le talent de nos compères finlandais qui réussissent avec force une mise au goût du jour d’un thème complètement bateau voire même horriblement banal surtout dans ce genre de style.

C’est ensuite au titre phare de pointer le bout de ses notes, en effet ‘Stand Up and Fight‘ démonte sérieusement. C’est avec plaisir qu’on se rend compte qu’on chantonne les paroles au fur et à mesure, sans vraiment en avoir conscience. S’il y a une façon de savoir si un titre est efficace, je pense que c’est celle-là. Nous rentrons complètement dans cet hymne à la fois rapide, clair et précis en dépit du fait qu’il n’est pas aisé de mettre en place de manière correcte autant d’instruments différents. N’oublions pas que Turisas comporte un violon et un accordéon extrêmement bien utilisés, chose peu courante, même dans ce genre de musique.

The Great Escape‘ est un titre qui étale largement le talent du groupe pour les orchestrations. Même chose pour les choeurs. Titre époustouflant en regard de la qualité de production et de la mise en place des choses. Ceci dit, c’est un peu le léger bémol de l’album à mon sens. Magnifique, sans nul doute, ceci dit, on ne comprend pas tellement ce qu’il vient faire là.

Gros gros coups de cœur par contre pour les deux titres suivants : ‘Fear the Fear‘ et ‘End of an Empire‘. Les orchestrations sont une fois encore remarquables. La facilité avec laquelle les titres évoluent et s’enchaînent est déconcertante. L’utilisation de double voire triple voix renforce davantage la profondeur des morceaux, les rendant par la même occasion presque épiques. Avec une telle puissance dans les compositions, nous ne devrions connaître cet opus juste pour ces titres.

Le problème récurrent de ce genre de formation c’est que nous nous concentrons trop souvent sur les délires qu’ils peuvent mettre en place, pour ‘Rasputin‘ ici par exemple, sans prendre le temps d’écouter en profondeur ce qu’ils savent faire. Le potentiel est énorme sans conteste, le travail réalisé également, sans parler de la qualité de la production. Pourtant, nous passons pour ainsi dire presque tous à côté de ces perles sans même en avoir conscience.

Tracklist :

  1. The March of the Varangian Guard
  2. Take the Day!
  3. Hunting Pirates
  4. Venetoi! – Prasinoi!
  5. Stand up and Fight
  6. The Great Escape
  7. Fear the Fear
  8. End of an Empire
  9. The Bosphorus Freezes Over

Parution originale pour MetalFranceTurisas, by S.

Et pour le délire… forcément..

Lord Shades – The Rise of Meldral-Nok

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Line-up :
Cyril : guitare solo
Fabien : guitare et backing vocals
Alex : basse et chant
Nico : batterie et backing vocals.


A tous ceux qui pensent que la France n’a plus rien à apporter au Black métal, à tous ceux qui ne jugent le talent qu’à la fréquence de blast ou autres conneries du même genre, cette chronique est pour vous.

Ces derniers temps, beaucoup d’entre nous s’écartent immanquablement de la scène métal française sous prétexte d’un manque d’originalité voire même de talent aux profits de scènes internationales parfois bien mal en point.

Pourtant, lorsque l’on prend le temps de gratter un peu la couche de productions aussi surfaites et bâclées les unes que les autres, on se retrouve en face de formations absolument remarquables et complètement inconnues du grand public, ce dernier étant trop occupé à se complaire avec un son sur le déclin.

Lord Shades avait déjà attiré grandement mon attention lors de la sortie de son premier album intitulé The Downfall of Fire-Enmek en 2008. C’est donc avec grand plaisir que je me suis penchée une nouvelle fois au cœur des aventures de notre Lord toujours torturé par un cruel destin.

Visuellement, dans un premier temps, nous ne pouvons que concevoir la beauté des artworks, je dirais, à la croisée des chemins entre un Seigneur des Anneaux et une vision plus apocalyptique incroyablement mise en valeur par Stan-W D.

Même constat au regard du concept album, toujours tenu en porte drapeau par un groupe à la fois traditionaliste et innovant. Un an a été nécessaire à l’enregistrement des différents instruments, à l’écoute il n’est pas difficile de comprendre pourquoi.

En effet, grâce à l’accueil reçu par le premier opus ainsi que la rencontre avec Lasse Lammert du LSD-Tonstudio , The Rise of Meldral-Nok a pu bénéficier d’un son beaucoup plus professionnel renforçant davantage l’impact de ce nouvel album.

Objectivement, on pourrait penser à un mélange d’influences trop diverses pour être vraiment appréciables, pourtant il n’en est pas question une minute. La fluidité de cette suite épique surprend de bout en bout. Ici, les compositions s’alternent parfaitement, à l’image d’un écrivain qui prend part à son ouvrage, Lord Shades nous propose de plonger en plein cœur des tourmentes de son personnage, de plus en plus torturé, de plus en plus beau.

Les chants, tantôt black pur jus, tantôt psaumes lancinants ou simplement murmurés sont d’un effet des plus réussis. Auxquels viennent s’ajouter une maîtrise des instruments qu’ils soient classiques ou de type orchestraux sont splendides.

Imaginez ce que pourrait donner un projet entre narrations épiques, aura clairement Black métal, nuancé par une volonté de rester axé sur les ambiances traditionnelles sans négliger pour autant un seul aspect du concept qui se déroule lentement dans nos oreilles. Une fois encore Lord Shades nous propose ici sa vision d’un monde à la fois terrifiant et grandiose, avec une maîtrise hors du commun.

A ceux qui sont en quête de renouveau, de virtuosité et de beauté, foncez tout droit vous pencher sur ce projet perdu entre art littéraire et sonore. Juste magique.

Tracklist :

  1. The leave taking
  2. Awareness
  3. Ancient fears
  4. Lust for death
  5. The dark fleet
  6. Fool of wisdom
  7. The pledge

Parution originale pour MetalFranceLord Shades, by S.

Lord Shades – The downfall of Fïre-Enmek

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Line-up :
Cyril : guitare solo
Fabien : guitare et backing vocals
Alex : basse et chant
Nico : batterie et backing vocals.


Me voici donc en possession du tout premier album auto produit de Lord Shades, « The downfall of Fïre-Enmek ».

Autant être tout de suite directe : cet album est d’une rare efficacité. Du début à la fin, chaque titre rempli parfaitement son rôle en nous faisant pénétrer au cœur d’un monde médiéval quelque peu fantastique. Le groupe pratique ici un Black atmosphérique à la fois original et fort axé sur l’ambiance, alliant à leur instrument des instruments traditionnels tels les percussions, la flûte etc qui annoncent immédiatement la couleur des 50 minutes de l’album.
Mais Lord Shades maîtrise très bien son sujet et varie les plaisirs avec brio en alternant les changements de tempos bien placés qui appuient encore plus l’ambiance pour le moins fantastique de la galette. Chacun des titres présente une composition efficace exécutée sans le moindre souci où se côtoient des influences tirées de la littérature fantastique, samples et riffs de Black métal, conférant un certain petit côté épique qui n’est pas déplaisant du tout.

Tracklist :

  1. Prelude
  2. Despair, hope & wrath
  3. From Death to the Unknown
  4. Embers of Hate
  5. Encounters
  6. Heading North
  7. Revel in Blood
  8. The Last Stand

Parution originale pour MetalFranceLord Shades, by S.

Demented – Fields of Suffering

65936_121680471222270_4592892_nLe groupe.

ÐementeÐ est une formation relativement jeune puisque cette dernière a été mise en place durant l’été 2008 et nous propose un métal résolument agressif : les amateurs de Black / Death Old-school seront servis. ÐementeÐ évolue sur un créneau sombre, agressif comme je viens de le dire, puissant et de haute  qualité, fait assez marquant pour être digne d’être souligné étant donné que la chro ci-après dépeint une autoproduction.

Composé de la façon suivante : Flo et Mika aux guitares,Manu à la basse, John aux fûts et Nessim au chant, le groupe entre en studio début 2009 pour mettre en place sa première démo bientôt suivie par une série de concerts afin d’enfoncer davantage le clou, série de shows très bien perçue par le public.

Suite à cette mise en bouche, c’est en Mars 2010 que les bordelais rentrent une nouvelle fois en studio pour nous livrer leur premier opus véritable : Fields of Suffering.

Fields of Suffering, sur le papier c’est déjà un opus qui promet de poursuivre sur la lancée de la démo façon “Contents ou pas, je défonce tout et je ne demande rien à personne” : enregistrement au Bud Records Studioprise de son et Mixage par Mathieu Pascal (Gorod), mastering par Scott Hull (Pig Destroyer) et enfin le design de l’album réalisé par 3 xXx (Otargos). Notons également que le logo du groupe a été fait par Manu et et les photos du livret, quant à elles, par Alex Pernette.

Le travail en amont est déjà réalisé avec soin, attendons de voir ce que donnera la première écoute.

Premières impressions.

 

Suite à cette première écoute une sensation de manque pointe le bout de son nez. En effet, avec un ensemble pourtant conséquent comportant pas moins de 12 titres, je reste sur ma faim. Le tout semble bon, voire très bon, mais. Forcément il y a toujours un “mais” cela dit, je ne trouve pas ce qui me dérange autant après avoir terminé l’écoute de ce Fields of Suffering. Lire la suite

Sidious – Revealed in Profane Splendour

Label : Kaotoxin Records

Sortie : 03 Novembre 2014

Line-up :

  • Isfeth : Chant/Lead guitare
  • Indomitus : Guitare
  • Baalrath : Basse
  • Khrudd : Batterie

A ceux qui ont eu la bêtise de jouer les sceptiques après la sortie de l’EP « Ascension To The Throne Ov Self« , à ceux qui ont crié avec force que Sidious était un projet sans enthousiasme car trop proche de telle ou telle autre grosse formation du genre. A ceux qui se sont fait un plaisir de ruminer de vielles rancœurs, j’ai envie de hurler qu’il y a de sacrés coups de pelle qui se perdent.

Pour faire simple, disons que lorsque « Revealed in Profane Splendour«  est arrivé dans les bacs, les anglais étaient clairement attendus à la fois par les fans du genre, mais aussi –voire surtout– par les réfractaires.

En grande amatrice de black devant l’éternel, complètement aigrie et donc super difficile –il faut bien l’avouer– je me devais de faire part de mon ressenti vis-à-vis de cet album. S’il est clair que la sortie de l’EP avait piqué à vif ma curiosité, c’est avec une impatience plus ou moins dissimulée que j’attendais la suite des réjouissances tant ledit album s’annonçait on ne peut plus prometteur. Bien qu’il ne soit –certes– pas évident de se rendre compte des capacités et/ou du potentiel d’une formation sur la base seule d’un galop d’essai, « Ascension To The Throne Ov Self«  envoyait déjà du lourd !

Sidious-Revealed-In-Profane-Splendour-2014

Personnellement, comme souvent, la première chose qui m’a séduite à propos de ce premier album c’est son artwork. En un mot comme en cent : magnifique. Les dégradés d’orange, de jaune et de rouge sont simplement à tomber et c’est à Giannis Nakos (Remedy Art) que nous devons ce plaisir. Les thèmes du feu, du trône et des enfers sont souvent repris à travers la scène métal, cependant ces jeux de teintes tranchent largement là où nous avons très –voire trop– souvent des visuels cradingues au possible avec effets noirs/blancs hyper saturés qui m’ennuient sévère.

Eh, elle a des goûts de princesse.

Viennent ensuite la première écoute, là, clairement c’est la gosse bifle. Kaotoxin nous sort encore un lapin de son chapeau, en mode gros gros mindfuck. Alors en effet dans un premier temps nous avons tendance à nous dire « oh, ça ressemble vachement à […] » cette impression s’affine énormément après plusieurs tours de pistes où l’on constate qu’en dépit d’influences très nombreuses, Sidious s’en sort de fort belle manière. En gros, pour tomber dans la vulgarisation de base, Revealed in Profane Splendour est un mix d’horizons scéniques différents, qui se retrouvent dans un melting-pot à l’anglaise, –oserais-je?grandiose. 

On ne peut que ressentir le Behemoth, le Dimmu, le Septic, limite l’Anorexia Nervosa, tant ça grouille là-dedans ! Ça fulmine dans tous les coins et personnellement je n’en espérait pas moins. Le gros plus à mon sens étant que cet album reprenne pratiquement la suite logique d’Ascension To The Throne Ov Self, loin de s’épuiser sur un concept qui pourrait sans difficulté devenir glissant, Sidious s’éclate et maîtrise son sujet avec force, conviction et surtout une passion quasi palpable.

En ce qui concerne les compositions, nous restons ici dans un schéma plutôt classique du genre, bien qu’assez osé sur les orchestrations à mon sens qui viennent ponctuer de-ci de-là un album déjà riche. « Revealed in profane Splendour«  est un opus clair, rapide et foutrement efficace. Habituée aux titres plus longs via les autres projets des membres, j’avoue avoir eu des incertitudes quand à l’homogénéité d’un album aussi éloigné du Doom, me voila donc rassurée, mes craintes s’étant tues dès la première écoute. Notons également la présence de passages plus mélodiques –chers à mon cœur il est vrai- qui cassent l’aspect « brut » de l’album tout en conférant une unité sonore particulière et un tantinet mélancolique chez Sidious.

Niveau mixage, pourtant un gros point faible dans le milieu « UG », nous n’avons aucune raison d’être déçu. Chaque chose à sa place et chaque chose en son temps, j’ai envie de dire. Fluide, sans cependant avoir de coup de mou particulier, il y a du boulot derrière, c’est un point fort malgré tout très important. « Revealed in Profane Splendour«  est un album accessible, avec une ribambelle d’influences qui feront sourire l’amateur sans nul doute, c’est un opus travaillé et surtout largement maîtrisé par chaque membre. Sans innover à 100%, Sidious nous propose ici un album puissant, tant sur le fond que sur la forme, produit par Russ Russell en personne (Dimmu, tiens donc..).

Avec ce premier opus, Sidious prouve que le savoir-faire est au rendez-vous, espérons maintenant que cette sortie puisse permettre à chacun de cristalliser son talent sous la bannière d’un Blackened Death métal apocalyptique absolument magistral.

Tracklist : 

  1. Sacrilegious Majesty,
  2. Inexorable Revelation,
  3. Revealed in Profane Splendour,
  4. Annihilation of Abhrorrent Credence,
  5. Obscenity ov Old,
  6. Infernal Reign,
  7. O Paragon, Bringer ov Ligth.

/ S. 

Parution originale pour MetalFranceSidious, by S.

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