Vorkreist – Sigil Whore Christ

Sublimation XXIXA ✖

Il aura fallu attendre près de trois ans à Vorkreist pour nous faire part de son nouveau projet : Sigil Whore Christ. Autant Sublimation XXIXA m’avait clairement mise sur le cul lors de sa sortie en 2006, autant j’ai été un peu déçue par Sickness Sovereign en 2009.

Ce qui est proprement génial avec un groupe comme Vorkreist, à savoir composé de membres ayant une expérience énorme de la scène et du black métal en particulier, grâce à leurs autres projets respectifs, c’est qu’il est pratiquement impossible de prévoir de quel bois sera fait le prochain album.

Seule chose certaine : avec à la barre des membres de formations aussi respectées qu’agressives comme Merrimack, Hell Militia, ou pour faire court Antaeus, nous devions nous attendre à nous reprendre un pavé en pleine figure.

Chose promise, chose due.

Il est clair qu’en fan de la fameuse LSK et de sa patte reconnaissable entre mille, c’est avec la bave aux lèvres que je me suis empressée de me procurer ce nouvel opus.

 vorkreist

Étant extrêmement difficile quant à la qualité de l’objet en lui-même, j’avoue avoir été séduite par l’artwork de Sigil Whore Christ. Certes sobre, avec ses teintes anthracites du plus bel effet auxquelles s’ajoutent l’or et le rouge sang, il faut bien reconnaître que le contenu a de la gueule.

De prime abord on pourrait se dire que rien que visuellement ça valait le coup d’attendre et c’est déjà pas mal.

Sorti ce 22 avril 2012 via nos polonais d’Agonia Records, cet opus se place pourtant en position pour le moins délicate dès la lecture du premier titre.

En effet, De Imitatione Christi est une introduction qui donne immédiatement le ton : Sigil Whore Christ se veut dans la lignée ce son prédécesseur, soit un black métal de haute voltige, avec cependant des relents beaucoup beaucoup plus orientés heavy.

Eh. Forcément, j’imagine que pour ceux qui suivent Vorkreist depuis un bout de temps, ça a du faire un gros choc. Ceci dit, c’est un atout que peu de formations ont osé aborder en ce sens et même s’il est certains qu’en jouant cette carte Vorkreist se sépare de la partie la plus puriste de ses fans, j’avoue que le rendu n’en est pas moins malsain pour autant.

Coup de cœur énorme pour le titre suivant : Maledicte

Propre, carré, je retrouve avec un plaisir non dissimulé le côté violence primaire qui me plait tant chez nos parisiens.

Deus Vult, Ecce Homo, Ad Nauseam ainsi que Scalae Gemoniae sont des titres qui m’ont davantage marquée que le reste de l’opus. Cette fois ci, les compositions, sans être à 100% transcendantes par rapport au passé du groupe, sont menées de façon plus originales, transportant de fait l’auditeur vers un black métal beaucoup plus piquant, tendu.

Sans être aussi malsain que le fameux III que nous a produit Aosoth, Sigil Whore Christ est un opus dérangeant, à la fois acerbe et tranchant. Vorkreist réussi sans nul doute un gros tour de force en imposant une nouvelle fois sa propre marque au sein de la scène française.

Pour ceux qui en douterai encore, avec Sigil Whore Christ, Vorkreist assoit sa réputation et confirme sa position de pierre angulaire de la scène underground internationale.

Tracklist :

  1. De Imitatione Christi
  2. Maledicte
  3. Deus Vult
  4. Dominus Illumination Mea
  5. Memento Mori
  6. Ecce Homo
  7. Per Aspera Ad Astra
  8. Ad Nauseam
  9. Scalae Gemoniae

Parution originale pour MetalFranceVorkreist by S.

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Throne of Katarsis – Ved Graven

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J’ai pour habitude de me jeter sur les sorties signées par Candlelight Records comme la pauvreté sur le monde, surtout lorsque l’on pense aux nombreuses claques musicales qu’ils ont produit ces dernières années.

Vous savez, ce black métal puissant, horriblement sombre, malsain au possible complètement crade dans le pur esprit des premiers opus des formations originelles. Ce black qui vous prend aux tripes et qui ne vous lâche pas un instant avant l’apothéose finale tel un certain Wrath of the Tyrant.

Or, c’est une amère déception qui a suivi l’écoute de ce Ved Graven. Comme je le disais, beaucoup de chevelus ont eu le coup de cœur pour cet opus. A l’heure actuelle je cherche encore pourquoi.

Le renouveau du Black Metal? 

Bah putain si c’est vers ça qu’on va je préfère me tourner clairement vers autre chose.
La production est digne des premières démos de Black effectivement : un son horriblement chiadé de ces titres qui vous donnent l’impression ridicule d’avoir été enregistrés au magneto dans une salle de bain, non merci. En 2012, avec les moyens de production dont disposent les formations signées chez ce type de label c’est totalement incohérent.
Attention je ne suis pas en train de dire que je n’adhère pas à ce type de délire, loin de là, pourtant quitte à aller jusqu’au bout d’une idée autant privilégier un support adapté à ce type de son du style de la bonne vieille tape ou du vinyle. Ici nous avons au contraire un support cd où la seule chose qui se veuille « crade » se résume à l’artwork et encore. En ce qui me concerne c’est une grosse impression de coup marketing qui se fait sentir et qui ne me donne vraiment, mais alors vraiment pas l’envie de poursuivre.

Illisibilité, chromie fade au possible, élitiste au plus haut point. A trop vouloir en faire on se casse la gueule avec perte et fracas.

Le son m’a également beaucoup déçue. Je connaissais sur le bout des doigts la force dégagée sur les premiers opus de Throne of Katarsis, ici nous ne retrouvons tristement que des éléments, qui certes ont fait la fierté du genre, ont été minutieusement « empruntés » à d’autres. Je ne rentrerai pas dans le détail ça me lourde assez comme ça. Ce qui me casse le plus les bonbons finalement c’est de constater qu’une formation de ce type puisse nous pondre une merde pareille et que ça puisse passer totalement pour acquis voire même normal puisqu’ils sont signés chez un gros label. Ce n’est pas normal et ça reste une honte.

Aucun fair-play, pas d’originalité, aucune nouveauté à part peut être un profond dégoût.

Quitte à se lancer dans l’art subtil de la copie autant le faire sans se baser sur une formation reconnaissable entre 1000 : Deathspell Omega première période.

Katarsis : Effet libérateur provoqué par la décharge d’émotions longtemps réprimées.

Effectivement, en ce sens Throne of Katarsis a rempli son rôle en provoquant chez moi un violent rejet en proposant cet album qui se révèle être une insulte au concept même d’art musical.

Tracklist :

  1. Profetens Siste Vandring
  2. Helvete Kaller
  3. Av Dypets Kulde
  4. The Holy Remains The Weak
  5. Mesterens Tilbakekomst
  6. Åpne Alle Sår
  7. The Ultimate Shrine

Parution originale pour MetalFranceThrone of K. by S.

Lord Shades – The Rise of Meldral-Nok

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Line-up :
Cyril : guitare solo
Fabien : guitare et backing vocals
Alex : basse et chant
Nico : batterie et backing vocals.


A tous ceux qui pensent que la France n’a plus rien à apporter au Black métal, à tous ceux qui ne jugent le talent qu’à la fréquence de blast ou autres conneries du même genre, cette chronique est pour vous.

Ces derniers temps, beaucoup d’entre nous s’écartent immanquablement de la scène métal française sous prétexte d’un manque d’originalité voire même de talent aux profits de scènes internationales parfois bien mal en point.

Pourtant, lorsque l’on prend le temps de gratter un peu la couche de productions aussi surfaites et bâclées les unes que les autres, on se retrouve en face de formations absolument remarquables et complètement inconnues du grand public, ce dernier étant trop occupé à se complaire avec un son sur le déclin.

Lord Shades avait déjà attiré grandement mon attention lors de la sortie de son premier album intitulé The Downfall of Fire-Enmek en 2008. C’est donc avec grand plaisir que je me suis penchée une nouvelle fois au cœur des aventures de notre Lord toujours torturé par un cruel destin.

Visuellement, dans un premier temps, nous ne pouvons que concevoir la beauté des artworks, je dirais, à la croisée des chemins entre un Seigneur des Anneaux et une vision plus apocalyptique incroyablement mise en valeur par Stan-W D.

Même constat au regard du concept album, toujours tenu en porte drapeau par un groupe à la fois traditionaliste et innovant. Un an a été nécessaire à l’enregistrement des différents instruments, à l’écoute il n’est pas difficile de comprendre pourquoi.

En effet, grâce à l’accueil reçu par le premier opus ainsi que la rencontre avec Lasse Lammert du LSD-Tonstudio , The Rise of Meldral-Nok a pu bénéficier d’un son beaucoup plus professionnel renforçant davantage l’impact de ce nouvel album.

Objectivement, on pourrait penser à un mélange d’influences trop diverses pour être vraiment appréciables, pourtant il n’en est pas question une minute. La fluidité de cette suite épique surprend de bout en bout. Ici, les compositions s’alternent parfaitement, à l’image d’un écrivain qui prend part à son ouvrage, Lord Shades nous propose de plonger en plein cœur des tourmentes de son personnage, de plus en plus torturé, de plus en plus beau.

Les chants, tantôt black pur jus, tantôt psaumes lancinants ou simplement murmurés sont d’un effet des plus réussis. Auxquels viennent s’ajouter une maîtrise des instruments qu’ils soient classiques ou de type orchestraux sont splendides.

Imaginez ce que pourrait donner un projet entre narrations épiques, aura clairement Black métal, nuancé par une volonté de rester axé sur les ambiances traditionnelles sans négliger pour autant un seul aspect du concept qui se déroule lentement dans nos oreilles. Une fois encore Lord Shades nous propose ici sa vision d’un monde à la fois terrifiant et grandiose, avec une maîtrise hors du commun.

A ceux qui sont en quête de renouveau, de virtuosité et de beauté, foncez tout droit vous pencher sur ce projet perdu entre art littéraire et sonore. Juste magique.

Tracklist :

  1. The leave taking
  2. Awareness
  3. Ancient fears
  4. Lust for death
  5. The dark fleet
  6. Fool of wisdom
  7. The pledge

Parution originale pour MetalFranceLord Shades, by S.

Lord Shades – The downfall of Fïre-Enmek

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Line-up :
Cyril : guitare solo
Fabien : guitare et backing vocals
Alex : basse et chant
Nico : batterie et backing vocals.


Me voici donc en possession du tout premier album auto produit de Lord Shades, « The downfall of Fïre-Enmek ».

Autant être tout de suite directe : cet album est d’une rare efficacité. Du début à la fin, chaque titre rempli parfaitement son rôle en nous faisant pénétrer au cœur d’un monde médiéval quelque peu fantastique. Le groupe pratique ici un Black atmosphérique à la fois original et fort axé sur l’ambiance, alliant à leur instrument des instruments traditionnels tels les percussions, la flûte etc qui annoncent immédiatement la couleur des 50 minutes de l’album.
Mais Lord Shades maîtrise très bien son sujet et varie les plaisirs avec brio en alternant les changements de tempos bien placés qui appuient encore plus l’ambiance pour le moins fantastique de la galette. Chacun des titres présente une composition efficace exécutée sans le moindre souci où se côtoient des influences tirées de la littérature fantastique, samples et riffs de Black métal, conférant un certain petit côté épique qui n’est pas déplaisant du tout.

Tracklist :

  1. Prelude
  2. Despair, hope & wrath
  3. From Death to the Unknown
  4. Embers of Hate
  5. Encounters
  6. Heading North
  7. Revel in Blood
  8. The Last Stand

Parution originale pour MetalFranceLord Shades, by S.

Demented – Fields of Suffering

65936_121680471222270_4592892_nLe groupe.

ÐementeÐ est une formation relativement jeune puisque cette dernière a été mise en place durant l’été 2008 et nous propose un métal résolument agressif : les amateurs de Black / Death Old-school seront servis. ÐementeÐ évolue sur un créneau sombre, agressif comme je viens de le dire, puissant et de haute  qualité, fait assez marquant pour être digne d’être souligné étant donné que la chro ci-après dépeint une autoproduction.

Composé de la façon suivante : Flo et Mika aux guitares,Manu à la basse, John aux fûts et Nessim au chant, le groupe entre en studio début 2009 pour mettre en place sa première démo bientôt suivie par une série de concerts afin d’enfoncer davantage le clou, série de shows très bien perçue par le public.

Suite à cette mise en bouche, c’est en Mars 2010 que les bordelais rentrent une nouvelle fois en studio pour nous livrer leur premier opus véritable : Fields of Suffering.

Fields of Suffering, sur le papier c’est déjà un opus qui promet de poursuivre sur la lancée de la démo façon “Contents ou pas, je défonce tout et je ne demande rien à personne” : enregistrement au Bud Records Studioprise de son et Mixage par Mathieu Pascal (Gorod), mastering par Scott Hull (Pig Destroyer) et enfin le design de l’album réalisé par 3 xXx (Otargos). Notons également que le logo du groupe a été fait par Manu et et les photos du livret, quant à elles, par Alex Pernette.

Le travail en amont est déjà réalisé avec soin, attendons de voir ce que donnera la première écoute.

Premières impressions.

 

Suite à cette première écoute une sensation de manque pointe le bout de son nez. En effet, avec un ensemble pourtant conséquent comportant pas moins de 12 titres, je reste sur ma faim. Le tout semble bon, voire très bon, mais. Forcément il y a toujours un “mais” cela dit, je ne trouve pas ce qui me dérange autant après avoir terminé l’écoute de ce Fields of Suffering. Lire la suite

Yhdarl

Genre : Suicidal Black Art

Line Up :
D – All Instruments & Vocals
L – Vocals, additional composition

Origine : Belgium

Discographie :
Drone Nigthmares – I – Endless Mental Wounds (full-length 2007)
Humainly Sick (full-length 2008)
Counting Seconds (Compilation 2009)
Drone Nightmares – II – Buried Burnt Earth (full-length 2009)
The Essence (full-length 2009)
Despair Desolation Destruction (split 2009)
Across Death… Through Pain (split 2010)
Ave Maria (full-length 2011)
The Essence II (full-length 2012)

Suivre Yhdarl sur facebook // D. sur Bandcamp ou Blogspot

Peut-tu nous expliquer, en quelques mots, le concept incarné par Yhdarl ?

Le concept d’Yhdarl est très égoïste. A la base,c’est une catharsis très personnelle, que je n’avais aucune envie d’échanger (Humainly Sick) et au fur et à mesure du temps, je me suis rendu compte que certaines personnes pouvaient comprendre à leur manière ce même concept : entrer dans notre propre trou, y creuser jusqu’à ce que l’on n’ait aucune lumière. Et en sortir soi-même.
On pourrait dire que le but d’Yhdarl est positif, dans un sens, mais c’est paradoxal. C’est assez horrible, ce processus, cette »cure » de soi envers soi. Yhdarl est pro-souffrance & autodestruction mentale et/ou physique, et voue un culte au Noir, le Vrai.

 

J’ai envie de savoir également, l’Ave Maria est comme tu le sais sans doute, une prière catholique, l’ange Gabriel annonçant la naissance de Jésus a Marie.
Quelque part c’est une nouvelle porteuse d’énormément d’espoir. Or à l’écoute de ton album éponyme, peux-tu expliquer le choix de ce nom pour le moins incongru ?

Ave Maria s’appelle ainsi parce que c’est une prière pleine d’espoir, dont je voulais exposer l’antithèse. Oublions toute influence de l’Eglise. Marie, que je représente comme la mère de tout, Gaïa, la Nature, le Monde, est sourde à nos appels. Alors je lui ai créé cette prière pour lui montrer à tel point rien ne tourne rond. On peut, d’ailleurs, remarquer pleinement qu’au deuxième morceau de l’album, Marie se réveille, écoute et voit. Alors elle crie, et plaide coupable, et me demande, nous demande de la regarder, et de l’écouter.

Paradoxalement, si chaque auditeur réalise sa propre introspection en écoutant Yhdarl, chaque personne est sensée percevoir ses morceaux de façon très personnelle exact ?
Comment dans ce cas, pour reprendre tes mots, vouer un culte au Vrai Noir puisqu’il diffère forcément d’un ego à l’autre ?

Yhdarl est très personnel. Il est donc normal que mes auditeurs aient une vision différente de la mienne, ceci dit c’est logique. Lorsque tu regardes une peinture, ou écoutes une musique, ou lis un livre, chaque personne aura ET des points communs ET des différences avec les autres.
Concernant la musique d’Yhdarl, il suffit de l’écouter pour voir qu’elle n’est pas joyeuse… De là, le culte du Noir ne concerne que moi de manière extrêmement primaire. Si ça touche d’autres personnes, tant mieux. Parce qu’ils doivent comprendre.

Puisque la musique d’Yhdarl est a ce point introspective, il est légitime de penser que tu as une façon particulière de composer. Peux-tu m’en dire plus a ce sujet? J’imagine que tu obéis à un processus précis, un espèce de pseudo rituel qui te permet d’expier toute cette merde qui s’accumule?

Pour Yhdarl -et presque pour tous mes projets- il y a une grosse partie qui se fait sous impulsion. Cependant Yhdarl comporte beaucoup plus de pure catharsis, un besoin d’extérioriser qui se veut vraiment « nihil ». Une émotion primaire en gros.
En ce qui concerne la composition musicale, elle est très simple, comme pour n’importe quelle musique, sauf que je cherche un trip spécifique, ce qui explique la longueur de certains titres en fonction dudit trip dans lequel je me trouve.
Le processus de composition est effectivement un besoin, vital, d’extérioriser ces choses. L’aspect purement musical qui reste simpliste, car ce que je cherche avant tout à retranscrire l’impulsion extrêmement violente découlant de cette introspection de moi sur moi.

Humainly Sick / Ave Maria / Loss -dont l’édition sera prochainement disponible- représentent trois étapes principales dans le processus de recherche du soi.
Trois sorties pourtant complètement différentes. Comment ne pas y percevoir, une fois encore, l’influence ultra pesante du chiffre 3 ?

Effectivement. Ceci dit je ne pense pas que ce soit une fin en soi, pour Yhdarl en tous cas. Mais oui, il y a une évolution et une certaine identité pour ces 3 sorties.
Humainly Sick étant la base primaire, bruitiste et crade / Ave Maria étant un concept très personnel avec toujours ce côté ultra primaire en fond / Loss étant une évolution de ces deux choses en une, mais beaucoup plus… violente. Ceci dit, je peux aussi annoncer un 4ème album qui, lui, sera la suite logique d’Humainly Sick, un album hors normes, complètement à part.

Si tu devais décrire Yhdarl en trois mots. Lesquels choisirais-tu?

Lui / Moi / Toi.

(Rires) Simple, concis et paradoxalement super complexe. Peux-tu aller au fond de ta pensée?

Lui : représentation « facile » d’une entité dite haute : Satan, Gaïa, la Nature, les Esprits, … parce que ce sont mes croyances et que je suis guidé par Lui.
Moi : c’est égoïste, c’est personnel, ça me concerne avant tout, c’est donc, oui, moi
Toi : entité représentant le monde, les gens et donc ma sociopathie, l’ignorance, etc.

Peux-tu nous parler de tes influences?

C’est, en gros, les influences de base d’Yhdarl.
Bien que je puisse créer un concept à part entière autour de ces grandes lignes, tel l’Ave Maria, Yhdarl lorgne toujours de ces côtés.

Quelques mots autour de Loss ?

Loss est un album qui porte bien son nom vu que je l’ai perdu 3 fois et donc enregistré 4 fois.
C’est un album qui sera long -80 minutes- et qui comportera des influences beaucoup plus marquées vers le Black Metal, délaissant un peu le Doom. Loss sera, en un sens, le fer de lance de mon penchant pour le nihil.

Peux-tu nous exposer le rôle de L au sein du groupe du coup ?
L est la seconde voix, qui n’est pas relayée au rang de backing voices. C’est un membre à part entière dans le groupe, en tant que tel elle a son mot à dire à chaque instant.
J’ai beau composer, elle reste source de (cassage de) limites. Elle s’occupe de l’arrangement des titres, est également pianiste et claviériste sur nos morceaux. Je pense que ça, tu l’entendras davantage sur Loss justement.

Lorsque nous parlions de la sortie de l’Ave Maria il était question des difficultés que rencontrent de nombreuses formations à obtenir le soutien de label.
Avec un projet aussi imposant qu’Yhdarl comment vois-tu la chose maintenant ?

Rien n’a changé. C’est toujours aussi complexe d’avoir un support, indépendamment de plein de choses : que ce soit un label UG qui ne peut pas avancer, que ce soit un label montant qui n’a pas trop le temps/argent vis à vis des autres groupes, un label imposant mais qui va refuser parce que « ce n’est pas connu » et qui voit le profit avant tout, etc.
Je n’ai encore aucun label pour la sortie de Loss. J’ai juste le deal passé avec Schattenkult Prods pour Antithesis, label UG que je recommande.
Le reste, on verra.

Tu commences à avoir, au travers de tes différents projets métal, la réputation d’être quelqu’un qui peut composer très -très- facilement quel que soit le genre musical. Comment peux-tu expliquer que tu puisses écrire aussi naturellement que si tu prenais ton déjeuner?

De l’écoute principalement, mais aussi des cours de solfège, de culture musicale, sans oublier bien des années de travail et d’acharnement. Et je suis bien loin d’avoir fini ce que j’aimerais faire.
La musique est une passion, une obsession, dans laquelle je donne tout ce que je peux, et oui, peut-être qu’au bout de plus de 20 ans de travail, j’ai des facilités à composer. Mais c’est un défaut dans un sens car je suis incapable de rester stable depuis.

Rester stable. C’est à dire ?

C’est surtout vis à vis de la musique et de mes envies, mes émotions ou mes coups de sang : je peux avoir envie de composer du black d’un coup, puis non, jvais faire du rap, comme ça, avec un riff de black. Ou pourquoi pas de la trance électronique. Ça passe du tout au tout donc à un moment je suis « perdu » dans un maelstrom d’envies que parfois je ne peux pas réaliser. Donc frustration et adieu ma stabilité. Je suis quelqu’un de complètement mindfuck en un sens.

S’ils semblent pour le moins difficiles d’accès, les textes sont aussi importants que la composition en elle-même. En général c’est bien souvent là où le bat blesse dans le black métal. Avec le recul, penses-tu que ce soit décisif pour Yhdarl?

Relativement.
Au départ Yhdarl n’avait pas de paroles définies mais plutôt un lâché violent.
Ensuite, des paroles beaucoup plus posées sont venues (Ave Maria / Ø), grâce à la présence de L qui me permet de varier à la fois les textes et  les concepts (cf TheEssence II / Loss). Actuellement, les textes sont importants mais moins que la musique même. Le ressenti prime, à mon avis, bien plus que les paroles. Mais comme disait un mentor pour moi,c’est l’ensemble qui agit.

Yhdarl c’est un monde à part entière, une chose,qui semble mue par ses désirs propres sans parler des vices et excès qui en découlent, Yhdarl suinte, dégouline de rage, de haine et d’un profond mépris à mon sens. Un dilemme kafkaïen s’impose à moi : d’un coté j’avoue être clairement attirée par ton projet, d’un autre coté je ne comprends pas comment tu fais pour qu’autant de noirceur puisse émaner d’un seul petit bout d’homme. D est Yhdarl ou Yhdarl est D ?

Yhdarl fait partie de moi, une grosse partie. Avec le temps, Y n’étant plus suffisant pour extérioriser certaines autres émotions, il y a Imber Luminis, qui est une catharsis différente.
Il est pourtant clair qu’Yhdarl reste la partie primaire qui me conduit vers cette, ma, noirceur. J’ai besoin de cette noirceur, elle me nourrit, elle me rend fou et elle me fait rire, me fait du bien. C’est une partie presque intégrale de moi en temps qu’individu.
Je pourrais juste donner une simple référence : le livre de Gwenn Coudert « BLACK METAL & ART CONTEMPORAIN / Tout détruire en beauté« . Le black métal est un style de musique, mais il serait malvenu de le limiter qu’à cela. L’état d’esprit même est une abysse douce-amère que l’on a, ou que l’on n’a point. Ce livre l’explique parfaitement et convient absolument à mon état d’esprit.

Yhdarl est donc black métal, si l’on peut dire. Autant qu’Abruptum en est, ou Satanicum Tenebrae, ou encore Sektarism.

Des projets en cours dont il faut parler? La prochaine étape?

Comme je le disais, ce futur album, suite d’Humainly Sick. Il faut savoir qu’il y aura un minimum de 20 invités sur cet album, d’où le concept original et unique, et jamais à refaire.
Ensuite un boxed set de 5 ou 6 albums de Drone / Ambient est prêt, malheureusement le label a jeté l’éponge avant que tout soit prêt, donc, je cherche.
Je travaille également sur un nouveau split et probablement sur des rééditions futures telle The Essence I.

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Photo par Grigor Mishov Photography

Publication originale sur MetalFrance. 

Hell Yeah ! Behind the scenes.

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Bonjour, bienvenue.

Vous voilà perdus entre passion, sensualité et perversion. Passionnée de musique, je suis d’avis que l’ouverture d’esprit contribue à la création ainsi qu’au développement d’une personnalité propre et je porte un grand intérêt aux facultés psychologiques limitées qu’on m’a amoureusement offertes.

Suivant la scène métal depuis de quelques années j’ai clairement besoin d’un endroit où pouvoir me défouler comme je l’entends, sans aucune limite. Aussi je saute le pas, étant tentée depuis un moment, en proposant ici un ensemble de chroniques musicales, cinéphiles et littéraires, de coups de cœur  ou autres interviews.

Pour ceux qui seraient tentés je vais maintenant parler de mon moi profond.
(Cela ne signifie en aucun cas que je vais vous parler de mon rectum.)

Parce que je suis : discrète, polie, extrêmement jalouse, perfectionniste, asociale, attentionnée, intelligente, chiante mais ça fait mon charme, sensible, curieuse, parano, instable, matérialiste, étourdie, peste quand je m’y mets, gentille, calme, possessive, têtue, morbide, lunatique, rancunière, manipulatrice, prétentieuse, bordélique et j’en passe. Je suis méchante, teigneuse, sarcastique et carrément vicieuse.

On ne peut plus critique, j’ai tendance à l’ouvrir tout le temps à tort et à travers, au grand regret de mes proches. Je suis complètement dépourvue d’humour et un tantinet intolérante sur les bords. Après plusieurs années passées à suivre la scène métal, j’ai pu constater que j’étais : un parasite éhonté, à l’humour aigri, sordide, complètement illogique, handicapée par un cynisme oppressant et manifestement la plus grande criminelle de l’Histoire.

Je me doute que certains aient pu se sentir insultés (ou pire..) et si ce n’est pas le cas je vous assure que vous devriez.

(A noter qu’une partie des articles présents en doublon sur cette page ont été publiés à l’origine via ma participation au site Metal France en tant que membre du staff depuis Mars 2008, ce qui me permet également d’augmenter ma lisibilité.)

Voila, bisous, léchouilles, etc…
S.

  • Pour toute demande de chronique et/ou interview, c’est par ici : amandine.lagnies [at] gmail.com
  • Pour le copinage avec les loulous, c’est par là : Kaotokin Records – Metal France


Image de fond extraite de la cover de l’album Sui Caedere – Eye of Solitude (UK) utilisée avec l’aimable permission du détenteur des droits.